HOMMAGE A LA SAVOIE
Salut, noble pays, aux montagnes ardues, Dont les sommets altiers s'élancent jusqu'aux nues. Où le mont roi des monts, fier de sa majesté. Voit mille voyageurs passant la terre et Tonde, Accourir tous les ans, des quatre coins du monde. Rendre hommage à sa royauté!
Salut, noble pays à la belle nature.
Où simples sont les mœurs, où l'existence est pure; Où Ton est maintenant ce qu'on était jadis : Oui , toutes les vertus de la ville exilées Se retrouvent encor dans tes monts, tes vallées! Honneur à toi, noble pays!
Ah! si, timide enfant, je sentais en mon âme Ces enivrants transports, cette divine flamme Qui sur un front élu vient parfois se poser. Oui, je te chanterais, ô patrie adorée, Et les vibrations de ma harpe inspirée Te pourraient immortaliser.
Sans doute quelquefois vers le soir il me semble Dans ton vent qui gémit, dans ta feuille ({ui tremble, Trouver comme un écho de ce qui chante en moi ; Do l'inspiration est-ce la fraîche haleine? CoA à i)eine un accord, c'est un soupir à peine, Mais ce soupir... il est à toi !
Ne te (lois-je pas tout?... Si j'ai quelque génie, Si mon chant cadencé coule avec liarmonie, Si ma strophe est puissante ou mon vers gracieux Ah ! ce n'est point le fruit de stériles études ; Rien ne peut inspirer comme tes solitudes, Rien n'exalte comme tes cieux !
C'est dans ton noble sein que l'âme du poète, Cette âme si sensible et que l'homme rejette. Peut trouver à nourrir sa contemplation ; Livre majestueux, celui qui sait y lire Sous ses doigts frémissants fait résonner sa lyre Comme les harpes de Sion !
En contemplant tes lacs, tes bois, tes hautes cimes. On sent vibrer en soi mille cordes sublimes ; Le sein respire mieux, le cœur devient plus grand : D'un pouvoir infini tout présente l'image! Poétique Savoie, accepte mon hommage :
Je suis fier d'être ton enfant !
Gaston de Chaumont.