PROVENCE
La Provence, — terre merveilleuse ! Et que.de poètes elle a, mais aussi comme elle les mérite !
Ici les montagnes; ici le Rhône, avec ses larges nappes, ses îles, les taureaux de la Camargue, les monuments d'Arles et les tarasconnades de Tarascon ; ici la Crau brûlée, et les étangs avec leurs ports de pêcheurs, et ce Maillane où habite Mistral ; ici encore le fourmillement de Marseille ; puis la côte rocailleuse, et les lacets des routes, et Toulon, et Hyères, et les cités romaines, et les villes barbaresques, — et surtout, et avant tout, et partout la Méditerranée ! Étonnez-vous, après cela, que cette terre provençale ait ses poètes !
Elle a maintenant les félibres, — une légion ! Vous savez déjà que Je ne vous en dois point souffler mot : ils écrivent en provençal... Mais, à ne nous en tenir qu'aux poètes français, n'avons-nous donc pas Méry, — Méry, le semeur de perles, l'improvisateur frileux et fantasque qui a décrit, en un morceau d'une grâce tout attique, avec des caresses dans les mots et du soleil sur la plume^ ces trois choses qu'il aimait entre toutes, et qu'il voyait du même endroit :
La mer, la ville et la maison ?
l60 l.i;s l'Ol'-.TES DU CLOCHER.
J'ai trouvé, dans la rie rurale d'Autràn, cet éclatant paysage provençal. La seconde strophe en est, comme on dit dans notre argon, bien « suggestive » :