POÈTES CANADIENS
M. Napoléon Legendre a écrit un pittoresque « retour de pêche » en Canada, Le soleil se couche :
Au large, mainte voile grise S'araure pour rentrer au port :
Il faut profiter de la brise .
Ou passer cette nuit à bord...
A droite, une pointe, oi!i la poupe D"un vieux navire naufragé, Sur le fond immense, découpe Son plat-bord à demi rongé.
A gauche, un sombre promontoire S'avance, écuiiiant, dans les flots :
Il sait plus d'une triste histoire De mousses et de matelots...
Des femmes, à chaque fenêtre.
Regardent au loin, vers la mer, Si l'on voit, là-bas, apparaître Tous ceux qui sont partis hier.
Enfin la flottille au rivage Aborde ; tout est débarqué ; On lait l'appel de l'équipage...
Tous sont là : pas un n'a manqué.
La nuit descend ; la mer immense Se fond à l'horizon parmi Les grands nuages ; le silence Plane sur le bourg endormi.
Entre les autres poètes canadiens qui ont décrit les sites ou chanté l'histoire du Canada; il me faut signaler un mort, Octave Crémazie, — et quelques vivants, MM. J.-A. Poisson, Pamphile Le May, Charles Gauvreau. Ce dernier habite, dans la province de Québec, une petite ville perdue. C'est de là qu'il m'envoya, jadis, un très beau sonnet sur le Saint-Laurent. Et je lui devais une mention spéciale, car il est spécialement doué, et je crois qu'il aime le Canada, — c'est-à-dire la France, — de toute son âme.