‹ Les poètes du terroir du 15e siècle au 20e siècle; textes choisis accompagnés de notices biographiques, d'une bibliographie et de cartes des anciens pays de FranceChapitre 119 sur 284 · CLEMENT MAROT · texte numérisé non relu

CLEMENT MAROT

Fils unique de Jean Marot, qui fut Normand et bon poète, il naquit à Cahors en 1495. Son père l'amena à Paris dès l'Age de dix ans et prit soin de cultiver son goût pour les lettres. Ses études furent néanmoins médiocres, mais il faut en rejeter la faute sur quelques mauvais maîtres auxquels on l'avait confié. D'abord clerc chez un praticien, puis page de Nicolas de Neufville, sieur de Villeroy, il passa en 1513, en qualité de valet de chambre, au service de Marguerite de Valois, duchesse d'Angoulème. Il suivit cette princesse lorsqu'elle épousa en secondes noces Henri d'Albret, roi de Navarre, et se lit remarquer de toutes les personnes de sa cour. Sa facilité à rimer de petites pièces galantes, la politesse de ses manières et l'enjouement de sa conversation contribuaient beaucoup, selon notre vénérable ami H. La 3iaynardière, à le faire reclierchcr. Malgré le crédit qu'il obtint, il prit du service aux armées, et, après avoir été à Reims, à Ardres et dans le Ilaiuaut, on le vit à la funeste bataille de Pavie, où il fut blessé et fait prisonnier (24 février 1525). De plus grandes infortunes l'attendaient à son retour. Accusé de partager les nouvelles opinions religieuses, il fut enfermé dans les prisons du ChAtelet, puis à Chartres, et n'en sortit qu'en 1526, lorsque François I"" recouvra lui-même la liberté. Mais bientôt ses sentiments sur la croyance lutlicrienno lui suscitèrent, malgré ses désaveux, de nouvelles persécutions. D'ailleurs, les réflexions qu'il avait pu faire sur son état, pendant sa captivité, ne l'avaient pas rendu plus prévoyant, et les avis (pi'on trouve tout au long de son poème L'Enfer, composé alors, no le servirent guère dans la pratique.

En 1530, ayant tiré des maius des archers un homme qu'on menait au cachot, il y fut lui-même mis à sa place, et il eut besoin de la faveur royale pour eu sortir. Un p(;u plus tard, on so saisit de ses papiers, et il dut s'uululr à l'errare, puis à Venise, pour éviter les rigucMirs d'une prompte justice. Rappelé en France, quoiqu'il ait fait une abjuration solennelle à Lyon, entre les mains du cardinal de Tournon, il provoqua, par sa traduction des J'saumes de David, une nouvelle tempête, et ne put so

sauver qu'en gagnant Genève, puis Turin, où il alla mourir, dans l'indigence, en 1544, abandonné de ses protecteurs et de ses amis.

On a de lui un grand nombre de poésies qui, toutes, ont été rassemblées maintes fois, et dont les meilleures éditions, sinon les plus connues, sont : L'Adolescence clémentine, etc. (Paris, à l'enseigne du Faulcheur, 1534, in-S"); La Suite de l'Adolescence clémentine (ibid., s. d. [1534]. in-S") ; L'Adolescence clémentine, etc., Lyon, François Juste, 1535, in-8» : Paris, Ant. Bonnemère, et AnveiTS, G. du Mont, 1539, in-16 et in-8°; Les Œin'res de Clément Marot{Lyon, Gryphius, s. d. [1538], in-8»; Lyon, Estienne Dolet, 1542, 1543, pet. in-8»; Lyon, à l'enseigne du Rocher, 1544, in-S»; Lyon, Jean Détournes {sic), 1546, in-16; Paris, E, GrouUeau, 1549, in-12 : Paris, Oudin, 1551, in-12 ; Lyon, Jean de Tournes, 1549 et 1579, in-16; Niort, Thomas Portau, 1596, in-16; Rouen, Raph. du Petit Val, 1607, in-12; La Haye, Adr. Moetjens, 1700, 2 vol. pet. in-12: Œuvres de Clément Marot avec les ouvr. de Jean Marot son père, ceux de Michel Marot, son fils, etc. (édit. publ. par les soins de Lenglet du Fresnoy) : La Haye, Gosse et Neaulme, 1731, 4 vol. in-4» et 6 vol. in-12; Œuvres complètes (publ. par Paul Lacroix), Paris, Rapilly, 1824, 3 vol. in-8° ; Œuvres, etc., Lyon, Scheuring, 1869-1870, 2 vol. in-8<>; Les Œuvres de Clément Marot..., soigneusement revues par Georges Guiffrey, Paris, impr. Claye, 1875-1881, 2 vol. in-8'> (édit. inachevée). Clément Marot n'a presque jamais rappelé le souvenir du pays natal. Aussi ne faut-il voir dans ses poèmes champêtres qu'une réminiscence atténuée par sa double origine gasconne et normande.

Bibliographie. — Nicéron, Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres, etc., 1731, t. XVI, p. 108. — Abbé Goujet, Bibliothèque française, t. XI, p. 37. — Guill. CoUetet, Notice biogr. sur les trois Marot, publiée par Georges GuifTrey, Pays, Lemerre, 1871. in-18. — O. Douen, Cl. Marot et le Psautier huguenot, Paris, 1878-79, 2 vol. in-8°. — Paul Bonnefon, Le Différend de Marot et de Sagon, Revue d'hist. littér. de la France 1894, p. 103 et 259.

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