JEAN MILLET
Jean Millet naquit à Grenoble dans la première moitié du wii" siècle et mourut vers 1675. On ignore tout de sa vie, sinou que Sebastien Pourroy, président du parlement de Grenoble, fut •son Mécène et l'aida de ses conseils et de sa bourse. « 11 n'avait point étudié, dit Guy Allard, mais la nature luy avoit été si favorable pour la poésie, que quelques-uns de ses ouvrages en langage du pays ont été admirés. » Colomb de Batines, dans ses Mélanges biographiques et bibliographiques, a dressé une liste de ses productions. On voit qu'il écrivit La t'ayt de Sassenage \La t'èe de Sassenage] (Grenoble, IG'.il, iu-4"): La Pastorale de la constance de Philin et Margoton, dédiée à M. le comte tie Sault (Grenoble, Raban, 1635, petit in-4") : La Bourgeoise de Grenoble, comédie composée à l'occasion de la prise de possession du gouvernement de Dauphiné parle comte de Sault (Grenoble» Charvys, 1665, iu-8") ; La Pastorale et tragi-comédie de Janin, pièce lyrique représentée dans la ville de Grenoble, etc. (Gre- «oble, R. Colson, 1633, petit in-i», réimprimé en 1636, 16'i*i, 1648, 1650, 1659, 1676, 1686, 1692, 1700, 1706, 1738 et 1800); La Vénérable Abbaye de Bongovert de Grenoble, sur la rcsjouissance de la paix et du mariage du Roy (Grenoble, Andr. Galles, 1660, in-4"). Le même auteur lui attribue Le Dialogo de le quattro ■comarc, réimprimé en 1662, par Charvys. dans son Recueil de diverses pièces faites à l'ancien langage de Grenoble, etc. (et plus récemment par l'éditeur Xavier Drevet) et qu'on a donné jusqu'ici à Hlauc la Goutte. Jean Millet, poète populaire fort .apprécié jadis eu Daupiiiué, fait parler ses personnages tantôt en patois, tantôt eu franc-ais.
DlBLlooRAiMiiK. — A. Rochas, Biographie duDauphiné, Paris, 1860, I. — J.-J. Champolliou-Figeac, Nouv. Recherches sur Us patois ou idiomes vulgaires de la France, etc. , Paris, Goujon, 1809, in-18. — Colomb do batines. Mélanges biographiques et bibliogr. relatifs à l'histoire littér. du Dauphiné, etc.
DAUPIIINE
CHANSON
Les femmes de Grenoble — Sont des mécontentes; — 11 faut avoir une bonne bourse — Et la faire tinter.
Quand leurs jambes sont lasses, — Les pieds leur faut g'ratter; — Quand le sommeil les attaque, — [II] faut vite chuchoter.
Quand le jour les réveille, — Des œufs frais leur faut porter. — A la mode nouvelle — [II] les faut attifer.
Pour dîner [il] faut attendre — Qu'elles aient prié Dieu , — Et qu'après leurs servantes — [Elles] aient tempêté.
Aux cartes, aux danses, — [II] faut de leur part tout supporter : — Bienheureux sont les hommes — Qui les laissent attendre!
CANSOU
Le Fene de Grenoble
Sont de maii contenta,
Faut avey bona boursa
Et la fare tinta.
Quand leur chnmbe sont lasse,
Lou pied leur faut gratta;
Quand la sou les attaque
Faut vite chuchuta.
Quand lo jour le reveille
D'œu frais leur faut i)orta,
A la moda nouvella
Le faut attifesta.
Per dina faut attendre
Qu'elle ayont bigotta.
Et qu'après lour servente
Ley ayont terapesta.
A le carte, à le danse,
Lour faut tout supporta, •
Bien-heurous sont lous home
Qui le lavssoun evta.