Mais
Et moy du froid, car l'hyver qui s'appreste, A commencé à neiger sur ma teste.
Lors à chanter plus soing ne me nuyra, Ains devant moi plus viste s'enfuyra, Que devant luy ne vont fuyant les Muses, Quand il voirra, que de faveur tu m'uses. Lors ma musette, à un cliesne pendue.
Par moi sera promptement descendue, Et clianteray l'hyver à seureté Plus hault (et cler) que ne feiz onc l'esté. Lors en science, en musique et en son Un de mes vers vaudra une chanson ; Une chanson, une eglogue rustique; Et une eglogue, une œuvre bucolique.
Que dyrai plus? vienne ce qui pourra : Plus tost le Rosne en contrcmont courra, Plus tost seront hautes forests sans branches. Les cygnes noirs et les corneilles blanches, Que je t'oublie (ô Pau de grand renom) Ne que je cesse à louer ton haut nom.
Sus mes brebis, trouppeau petit et maigre, Autour de moi saultez de cœur allaigre, Car desjà Pan, de sa verte maison.
M'a faict ce bien d'ouyr mon oraison.
[Œuvres de Cli'-inent Marol, édit. GninVey, t. II.)