GUILLAUME ADER
A lui seul, grâce à son esprit et à sa facoade, Guillaume Ade suffit à personnifier le génie de sa race. Aussi ne doit-on pa s'étonner qu'il ait fait suivre fréquemment son nom de l'épithète de Gascon, tirant vanité de son origine. Il naquit à Lombez, selon les uns, à Gimont, selon les autres, en 1578, exerç la profession de médecin à Toulouse, puis dans sa ville natale et se rendit célèbre par divers ouvrages scientiliques et litté raires. Il mourut à Gimoot, le 23 janvier 1638, laissant deu: enfants, un fils et une fille, qu'il avait eus de son mariage ave Magdelaine de Lux, On a observé, non sans justesse, que 1 légende tient lieu de vérité dans la vie de ce poète obscur. Lui même paraît l'avoir fait naître; de trop zélés admirateurs l'en tretinrent. Ainsi Ader aurait été, dit-on, tenu en particulier estime par Henri IV et sollicité même de faire (igure à la coui Nous ne savons ce qu'il faut retenir de cette information, mai il est hors de doute que si Ader se montra rel)eHe aux grâce de son maître, il fut le premier Gascon qui refusa les faveur de la fortune. Il se plut à glorifier le Béarnais, mais il le fit au tant en l'iionneur de la « nation gasconne » que pour célèbre les vertus d'un grand prince. Ce fut son œuvre de début. Eli parut sous ce titre : Loti Ccntilhomc Cascoiin c Ions hcits d gouerre deu grau é pondérons Ilenric Gascoun, Hey de France de Naouarre [Le (Gentilhomme gascon et les actions de gnerre d grand et pnissant Henri Gascon, roi de France et de Navarre Tolose, Ramond Colomiès, 10 10, in-8». C'est un livre rarissimi Selon le doc teurJ.-B.Noulet,« le Gentilhomme gascon n'est qu'un suite do récits sans couleur et sans vie, platement versifiés, ( ofi ne se fait jour, même pour un instant, le sentiment poéliqui Par la suite, Ader fit paraître un recueil de sentences moralf rimées à la manière des (|uatrains de Pibrac et de Pierre Mit thieu : Lon Catonnet Gascoun [Le Caton Gascon], Tolose, Bond'
1611, petit in-8". Ce livret, fort goûté en Gascogne, a été maint» fois réimprimé, savoir : Lon Catonnet. etc., Tolose, Colomié-
1612, in-12; ibid., veuve Colomiès, 1628, iu-12; ibid., Toulou8< Hénault, 1764i, in-12; ibid., Limoges, A. Combes lils, 1784, in-12
bit!., Bordeaux, Lafargiie, 1865, in-12; ibid., Auch, iinprim. :ocharaux (pour la Société archéologique du Gers), 1904, in-S». )n doit en outre à Guillaume Ader plusieurs ouvrages savants : .uillclmiAdcr medici E narration es de irgrotix et morbis in euanjelis, Tolosie, typis Ramundi Colomerii, 1620, in-S»; De pestis •ognitione et renicdiis... Tolosa-, tvpis Ramundi Colomerii, 628, in-12; De la méthode de consulter les maladies chirurgicales... par Guillaume Ader, Corningcois (sic), Paris, C. Beiongne, 1628, iu-12 (un exemplaire à la Bibliothèque Saintejenevièvc).
Les poésies complètes de Guillaume Ader ont fait assez ré- ■omment l'objet d'une nouvelle édition publiée avec une notice, me traduction et des notes par A. Vignaux et A. Jeanroy (Tououse. Ed. Privât, 1904, in-S").
Ader est loin dVtre un grand poète, mais il atteint parfois à me ampleur qui lui fait pardonner la médiocrité et l'incorrecion de ses vers.
BiBi-iOGRAPuiE. — L. Couture, Revue de Cascogne, VI, 1865. - J.-B. Noulet, Essai sur l'flist. littèr. des patois du Midi delà "rance, Paris, Techencr, 1859, in-8». — J. Michelet, Poètes gascons du Gers, Auch, imprim. Th. Bouquet, 1904. in-S": — V. Vignaux et A. Jeanroy, Introduction aux Poésies de G. Ader, itc, 1904, etc.
S E N T E rs C E S
Naime rien que ce qui t'appartienne, — Suis le droit :hemin dans toutes tes affaires, — Le bien acquis à tort 3t à travers — N'existera jamais sans qu'il vienne à mauvaise fin. •
Ne prends jamais plus d'affaires que ta peine — Et que tes moyens ne puissent supporter. —