GERARD BEDOUT
La ville d'Aiich, alors capitale do l'Armagnac, eut, a-t-on écrit, rhonneur de donner le jour à ce poète. Il fut baptisé dans l'église de Saiut-Orens, le 19 janvier ItilT, sous le nom de Guirault, qui était celui do son parrain et de son aïeul maternel, bien qu'en réalité il s'appelât Gérard. Il prit les leçons des jésuites au collège d'.A.ucIi et, son éducation terminéo, se rendit à Toulouse pour se livrer successivement à l'étude du droit et de la médecine. A cette époque, observe M. J. Michelet, la capitale du Languedoc était en pleine ellérvescence littéraire. Goudouli avait remis en tel honneur le culte de la poésie romane, que notre étudiant s'éprit soudain de la passion des vers et ne put résister au désir de détacher un bouquet de la couronne des Muses. Il fut poète et médecin, et il honora cette double carrière en donnant ses soins à ses compatriotes et en charmant leurs loisirs par des chants infiniment plus gracieux que personnels. Gérard Hédout, qui avait épousé, le 18 juillet 1658, une demoiselle Jeanne Lesca, fille de feu Bernard Lesca , ancien receveur des tailles d'Armagnac, mourut le 3 mai 1692. et fut inhumé en l'église des Cordeliers, où reposaient déjà son père et sa femme. Son meilleur ouvrage, celui-là même qui renferme ses vers gascons, parut en 1642, sous ce titre : Lou Parterre gascoiai coutnpazat de quouate carreus (Le Parterre gascon composé de quatre carrés), Bourdons, P. du Coq, 1042, in-4". Ce recueil a été réimprimé deux fois, savoir : Lou Parterre gascoun... précède d'une introd. et suivi d'un choix de poésies de di~ vers auteurs et d'un Dictionnaire des principaux termes du Dialecte gascon, par A. Philibert Abadie, Auch, 1850, in-12 ; Lou Parterre gascoun..., nouv. éd. publiée par la Société archéologique du Gers, Auch, impr. Léonce Cocharaux, 1908, in-8''. Le Parterre gascon, loin d'être un livre original, est plutôt une aimable paraphrase de vers français célèbres. L'amour y occupe la plus grande partie, avec une poésie, Soulitude amourouse, imitée de Théophile et de Sain t- Amant, et diverses autres pièces, telle Dourimonn que se plaigna de sa pastoure Jaquetc, que nous réimprimons plus loin. On y trouve encore une foule de petits poèmes
piquants où la fantaisie spirituelle de l'auteur s'est donné libre cours. Bédout a moins de verve que d'Astros et moins de correction que Baron, mais il sait tourner une strophe avec facilité. On lui reprociie néanmoins de refléter incomplètement Goudouli et d'avoir dérogé sans cesse à la pureté de lidiome aquitain. « Si Bédout écrit en patois. — a dit le docteur Noulet, — il pense en français, et dès lors il ne fait qu'un très rare usage du génie particulier au dialecte dont il se sert, renonçant ainsi à la seule pointe d'originalité qui, après tant de concessions faites à la langue d'outre-Loire, restât encore à la littérature méridionale... » On donne à Gérard Bédout deux autres ouvrages de médiocre importance, et en langue française : Poésie dévote dédiée à MM. les Pénitents bleus d'Auch, Auch, Arnaud de Sainct- Bonnet imprim., 1649. in-l'i; Ouvrages poétiques en l'honneur desaint François Borgia...,k\xc\ï, Pierre François imprim. [1671], in-12.
Bibliographie. — D'- J.-B. Noulet, Essai sur l'histoire littér. des patois du Midi de la France, seizième et dix-septième siècle, Paris, Techener, 1859, in-8». — J. Michelet, Poètes gascons du (iers depuis le seizième siècle jusqu'à nos jours, Auch, impr. Th. Bouquet, 1904, in-8». — Anonyme, Gérard Bédout, etc., introd. à l'édition du Parterre gascoun, publiée par la Soc. archéol. du Gers (exemplaire communiqué par M. Louis Batcave).