CHARLES DERENNES
D'origine méridionale par sa mère. M. Charles Derennes est né à Villeneuve-sur-Lot. aux confins de la Gascogne et du Quercy, le 4 août 1882. Son père. Gustave Derennes, un pur Breton, était un poète de talent qui mourut jeune, alors qu'il se proposait de célébrer en un cycle de petites épopées la légende et l'histoire de la Bretagne. On a de lui en ce sens un petit livre, Guy la Fontenellc, publié par Lemerre en 1882 (un vol. in-12). Talent divers et fécond, M.Charles Derennes s'est exercé dans tous les genres avec succès. Il a donné des articles, des nouvelles, des vers au Figaro, au Gaulois, au Journal, au Matin, au Soleil, à La Vie parisienne, à La Grande Revue, au Mercure de France, à la Revue de Paris, à La Plume, à L'Ermitage, à La Renaissance latine, etc.. et il a fait paraître successivement des romans et des recueils de poèmes : L'Enivrante Angoisse, poésies. Paris. Ollendorlf. 190'«. in-18; L'Amour fesse, Paris, Soc. du Mercure de France. 1906. in-18; La Tempête, poésies, Paris, Olleiidorir, 1906, in-18: Le Peuple du pôle, Paris, Soc. du Mercure de France, 1907, in-18: La Vie et la Mort de M. de Tourncves, conte, Paris, Bernard Grasset. 1907, in-18; La Guenille, Paris, Louis Mlchaud. 1908. in-18, etc. Mais il faut le dire, ce n'est pas en sa qualité d'écrivain français ([ue M. Charles Derennes doit avoir sa place ici. Le charmant auteur de L'Enivrante Angoisse et de La Tempête — tout le monde l'ignore — a écrit en langue d'oc la matière de trois volumes de vers. Il en écrivait déjà à quatorze ans, et Mistral, à cette époque, lui adressait au lycée de Bordeaux ses félicitations et ses encouragements. Ses premiers essais dans un genre où il a acquis nna véritable maîtrise ont paru à la Terre d'oc (1897-1901) et à la Revue Félibrcenne de Paul Mariéton (1897).
M. Charles Derennes, ainsi qu'il le donne à entendre, s'est tenu à égale dislance des procédés d'archa'îsmes des novels trobadors (Prosper Estieu, Anlonin Perbosc, Joseph Boux) et des simplifications un peu outrées de Mistral et des « Maillanisants ». Il est, croyons-nous, le premier à avoir tenté en langue d'oc des vers autres que des vers syllabiquos et rimes. Par son har-
monie et l'intonsité de l'accent tonique, cette langue se prrto aisément à une versification basée sur l'accenliiation ou la quantité, comme les versifications italienne, espagnole, allemande ou anglaise. Félibre absolument indépendant, M. Cliarles Deronnes garde jalousement son œuvre en langue d'oc, d'autant plus jalousement, affirme-t-il, qu'il est à peu près si'>r d'avoir mis là le meilleur de lui-même. Les principales séries do ses vers inédits ont pour titre : Cansons ennivoulidos c sonlelhonzos (chansons de la brume et du soleil). Verses pagans (vers païens). Las Alegourios apassiéunados (les Allégories passionnées). Il est infiniment peu probable qu'il se hflte de les faire paraître en volumes.
Bibliographie. — Georges Cnsella et Ernest Gaubert, La Noit' velle Littérature, 1895-1905, Paris, Sansot, 1906, in-18. — Baoul Davray et H. Rigal, Anthologie des poètes du il/frft, Paris, OUendorfi*, 1908, in-18.