Lapins
;i. Convoque.
des fameux Cris de Paris publiés on 1584, et mainles fois réimprimés' — se clôt la poésie du moyen Aj;*'. Avant d'alxn-der la grande époque de notre littérature, on nous permettra de citer encore un texte curieux do la lin du xv" siècle. Il nous est ollert par ce livre rarissime. Le Calendrier des Bergères, pour l'année 1599, et il contient, sous forme de dialogue, le plus bel éloge qu'on ait écrit du vieux Paris. En voici un fragment. Ce soûl, des bergères qui parlent :
... Par sus Paris, de toute pari.
On voit maisons cl choniinéos,
Kjrliscs liauUes fencstrôcs ;
On voit vignes, on voit prairies.
On voit terres cl métairies.
On voit la rivière de ."^einc.
Kl marchandise quelle meino.
On voit aux clianips plusieurs villa<;o>
Les foresls et pelis bocages.
Et que plus est enlour Paris
On voit quatre lieux de pa\s.
0 Paris noble cl souveraine, Lite de justice, fontaine, A l'un et il l'autre pour voir Tu reuz le droit qui doit avoii- Le juste est par loy maintenu Hn son bon droit et sousicnu.
Et l'iDJusIe lu lo pimis Selon le cas qu'il a commis.
0 Paris souveraine et digne,
Source de science divine, ^
Comme sainclc théologie ^
De reale philosopiiie.
Et sept ars libéraux ensemble.
Tu as l'honneur, et si me semble
I. Voyez Les Cris de Paris que l'on crie journellement par les rues de ladicte ville. Avec ce, le contenu de ta despence qui se faict par chacun jour. Ad jouté de nouveau la despence que chacune personne doit faire par chacun jour, ensemble les rues, églises, chapelles et collèges de la cité, ville et université de Paris. Paris, Nicolas Bonfons, 1;)84. in-16. Il existe des éditions diflérenles de cet ouvrage. L'une d'elles, publiée à Troyes, chez Pierre Garuier, 1714, in-ltj, a été réimprimée par P.-L. Jacob dans cet ouvrage singulier, Pa}'is ri'licule et burlesque au dix-septième siècle, Paris, Ad. Delahays, 1839, iu-li.
o66 LES POÈTES DU TERROIR
Oui veult ses sciences avoir En tov les doil venir savoir.
De tout pays cl toute terre VicnneuL a toy Paris acquerre Honneur et science lointains, Estrangiers comme tes proucliains, Tu as en toy, cest vérité, La grant'mere Université, four science et honneur comprendre Tant que chascun en veult apprendre.
Ne t'est il Paris cliose noble Avoir entour toi son vinoble, Duquel avous oiiy par foys Dire qu'il n'est que vin francoys.
Tu as plaisantes monlaignetês Pour aller joiler bergerettes.
Mener moutons et brebis pcslre :
Mieulx assise ne pourroycs csUe.
0 cité noblement nommée, Paris sus autres renommée Pour ta haulte prééminence.
N'es tu la fleur de toute France ?
N'es lu, diz moy, beaucoup plus lier Pour la bonté de ta rivière, Seine, la((uellc te fournit Des biens dont elle te nourrit?
Excellente cité heureuse, Paris de tous biens plantureuse.
N'as-tu tous tes plaisaus souhaxs Belles églises, beau palays, Saint Innocent et le Grand Pont Qui de beaulté honneur te font?
Tu as sus tout le noble lieu Nostre Dame et son Ilostel Dieu.
Tu as Paris en ton marchié, De toutes denrées bon mardi ié, De pain, de via et de poisson, De chair, gibier et venaison, Abondance de tout fruictage Scion le temps pour ton usage, Telz que lu le veulx demander.
Plus ne sauroye cpie souliaicler.
ILE-Di:-FRANCE 367