‹ Les poètes du terroir du 15e siècle au 20e siècle; textes choisis accompagnés de notices biographiques, d'une bibliographie et de cartes des anciens pays de FranceChapitre 212 sur 284 · V.)8-1G.VJ · texte numérisé non relu

V.)8-1G.VJ

Ce fut certes le plus Parisien do nos poètes. Guillaume Coll.-tet naquit à Paris le 12 mars 1598. L'aîné do vingt-quatro enfants, tous viables, « le roseau le plus long do celte lliUe de Pan ». selon Théophile Gautier, il appartenait à une fiimille do notaires et de magistrats. Il étudia le droit, se fit recevoir avocat, mais n<< plaida guère, préférant, dit-on, « sucer l'Ame des pots » en couipaguie dos meilleurs a biberons » et faire des vers.

Protégé de Richelieu, il fut l'un des premiers membres de l'Académie française. On a de lui plusieurs recueils de poèmes et une foule d'opuscules singuliers : Les Divertisscinens (Paris. Rob. Estienne, 1631, et Jacques Dugast. 1633, in-8»); Epigramincs (Paris, L. Chamhoudry, 1653, in-12); Poésies diverses (ibid., 165(;. in-12); Sur la droite de Mendon ruinée (s. 1., 1054. in-fol.); Sur le beau Chasleau de Mendon (s. 1. n. d.. in-fol.), etc. Son meilleur ouvrage était sans aucun doute les Vies des Poètes français, auxquels il consacra les meilleures heures de son existence et dont le manuscrit original fut brûlé en 1871, dans l'incendie de la liibliothèque du Louvre '. Tallemant dos Réaux a laissé do curieuses notes sur ce singulier écrivain du xvii» siècle qui garda la tradition des vieux maîtres français et le culte de Ronsard. On y lit ces lignes savoureuses : o Guillaume Colletet, l'un des académiciens qu'on appeloit autrefois de la pilié de Rois- Robert, à qui pourtant il est eschappé par endroit de bonnes choses, se maria poétiquement avec la servante de son père [Marie Prunelle], qui estoit un procureur au Chastelet : et c^qui est de plus estrange, c'est que cette fille n'avoit rien de joly. ot lui n'ostoit pas trop à son aise. Il en a eu un fils qui s'appelle [François] Colletet, digue lils d'un tel père. »

Ajoutons que lorsque celle-ci mourut, il en fut quitte pour épouser une autre servante. On a dit que sa dernière femme se nommait Claudine Le Nain (ou Le Hain). Elle était fort galante, avait de l'esprit et passait pour faire des vers mieux que notre l>oète. Cette légende a couru longtemps, mais ou n'a point laissé du s'en moquer quand la mort du mari rendit l'épouse muette.

1. Nous avons annoncé la resliliilion de 21^ Vies de Poètes dp Guillaume Collolet. Celles-ci, annotées et mises au point, paraîtront chez l'éditeur Honoré Champion.

Page 1