XVII" SIECLE
Quel était ce chansonnier parisien connu au xyii» siècle sous le nom du Savoyard? Où était-il né ? Nous l'ignorons. Son père avait été, comme lui, clianteur des rues. On croit qu'il s'appelait Philippot et qu'on le surnommait le Capitaine Savoyard. L'époque de sa naissance est inconnue, mais il était vivant en 1653, puisqu'il lit la rencontre de Dassoucy sur la Saône et lui dit entre autres choses : « Je m'appelle Philippot, à votre service, autrement le Savoyard, et si vous passez jamais sur le Pont- Neuf, c'est sur les degrés de ce pont que vous verrez mon Parnasse; le cheval de bronze est mon Pégase, et la Samaritaine la fontaine de mon Hélicon. » Après quoi il donna à Dassoucy un recueil de ses chansons. Ce dernier, pour ne pas être en reste de politesse avec lui, s'empressa de lui oH'rir un écu, qu'il accepta aussitôt avec reconnaissance. Us se séparèrent peu de temps après. Ce nouvel Orphée, selon sa propre expression, ne demeurait pas toujours au même endroit. Comme son inlirmité nécessitait un guide, tantôt on le rencontrait avec un invalide, tantôt avec une femme, ou bien de jeunes garçons qu'il faisait chanter avec lui. On ne sait pas s'il s'accompagnait de quelque instrument; pourtant cela est possible, puisqu'il composait les airs de ses couplets. C'est tout ce qu'on sait <1(; sa personne.
Les cliansons du Savoyard, bien que souvent grossi^-res et libres, ne manquent pas d'esprit, tout au moins de ce gros sol qui en tient lieu près des gens du commun. Des contestations se. sont élevées au sujet de leur authenticité, mais il est assez peu douteux que bon nombre d'entre elles, et des plus savoureuses, lui appartiennent en propre. Les autres se retrouveraient dans des recueils anonymes, antérieurs à son époque. Nées d'une inspiration populaire, elles ont di'i circuler tout d'abord sous forme de feuilles volantes ou do nunces cahiers destinés à être vendus dans les rues, et ensuite être réunies en volumes. Il en existe quatre éditions : Recueil gcncral des Chansons du capitaine Savoyard par lui seul chantées dans Paris, Paris, Jean Promé, 1C45, in-12; Ilecucil nouveau des Chansons du Savoyard, etc., Paris, veuve J. Promé, 16")6, in-12; ibid., 1661 et 166.5, in-12. Elles ont été réimprimées à cent exemplaires, à Paris, par Jules Gay, en 1862 (un vol. in- 12).
BlBLloORAPiiiE. — Dassoucy, Aventures burlesques, Paris, Delahays, 1858, in-12. —A. Percheron, Ai'ant-Propos au Recueil des Chansons du Savoyard, édit. de 1862.