ADOLPHE RETTE
M. Adolphe Retté est né à Paris le 25 juillet 1863. Nous l'avons écrit déjà, soa père était précepteur des enfants du grandduc Constantin. Sa mère, d'origine ardcnnaise, était la fille de l'historien Adolphe Borgnet, cité par Michelet. Après une enfance passée en province (en partie dans un collège franccomtois), M. Adolphe Retté vint habiter Paris, puis s'engagea à dix-huit ans dans un régiment de cuirassiers. Revenu à Paris en 1886, il débuta l'année suivante par un article où, à pro. pos d'un nouveau livre de Léon Cladel, il attaquait violemment le naturalisme. En 1889, il fondait avec M. Gtistave Kahn la deuxième Vogue et, dès janvier 1892, secondant les efiorts de M. Henri Mazol, dirigeait L'Ermitage. « Malgré une vie aventureuse en Belgique, en Hollande, en Angleterre, il ne cessa de prendre une part active au mouvement poétique de ces dernières années, et dans diverses publications, La Wallonie, La Cravache, Mercure de France, La Plume, etc., se fit souvent le défenseur du vers libre, et de l'idéalisme. » Nous avons donné déjà une bibliographie de ses ouvrages: on ne trouvera ici que ses recueils de poèmes : Cloches dans la nuit (Paris, Yanier, 1889, in-18); Une belle dame passa (ibid., 189;^, in-18); L'Archipel en fleurs (Paris, Bibliothèque artistique et littéraire, 1895. n-16) ; La Foret bruissante (ibid., 1896, in-18); Campagne première (ibid., 1897, in-18) ; Lumières tranquilles (Paris, La Plumf, 1901, in-18) ; Poe'^te^, 1897-1906. Campagne première. Lumières ranquilles, Poèmes de la Forêt (Paris, Messein, 19û6,in-16). Ajoutons néanmoins à ces derniers quatre ouvrages intéressant le terroir : Fontainebleaii, Paris, La Plume, 1902, in-16; Dans la Forêt, vers et prose, Paris, Messein, 1903, in-12; Les Poètes à Fontainebleau, Bruxelles, P. Weissenbruck (extr. delà Uevue de Belgique), 190.3, in-S"; Virgile puni par l'Amour, Contes de la Forêt de Fontainebleau (Paris, Messein, 1905, in-18 )• L'œuvre de M. Adolphe Retté présente des aspects infiniment variés. Depuis l'apparition de son premier ouvrage, Cloches dans la nuit, jusqu'à la publication de ses derniers vers, il a subi une lente évolution. Cette évolution, qui l'a fait anathématiser des
maîtres qu'il avait naguère défendus, fut produite chez lui par •un séjour à Guermantcs, en pleine forôt de Fontainebleau. On Fa vu élargir le domaine de son esthétique, accueillir des idées nouvelles, s'éprendre des formes de la nature et réaliser ces poèmes débordants de sève et do grâce sylvestre qu'on trouvera dans ses derniers livres, et on particulier dans Campagne première, Lumières tranquilles ot les Pocmes de la Foret.
Bibliographie. — Ad. van Bever et Paul Léautaud, Poètes d'aujourd'hui, nouv. édit. corrigée et augmentée, 1908, t. II.