FONTAINEBLEAU D'AUTOMNE
.1 Arsène Alexandre.
Ami, loin de la ville aux maisons monotones
Qui hausse ses clameurs vers le ciel offensé,
Tu trouveras le calme et la sérénité
Dans la grave forêt où repose l'automne. i
Parmi les genêts bruns et les fougères rousses, M
Des rêves fleuriront à chacun de tes pas,
Les chevreuils fraternels te suivront, tu verras
Les rochers onduler sous leur manteau de mousses.
Novembre et ses brouillards où flottent des prestiges
Veloutcront pour toi l'or rouge des futaies.
Le genièvre et le houx te donneront leurs baies,
Et le hêlre orgueilleux inclinera sa tige.
Tu goûteras, d'un cœur plein de recueillement,
Le mui-mure infini des bouleaux et des chênes,
Et tu préféreras aux j)aroles humaines
Le bruit triste que font les feuilles en toml)ant.