Notre France, p
2. Ou qu'ils ont rapparcnce de la libcrlé, faul-il dire, soumis qu 'ils sont à d'autres servitudes sociales.
savent attendre, sans donner l'éveil, l'heure des représailles. » La causticité, a-t-on écrit encore, est habilement dissimulée
La. Chaudeau '*,*'«
ET- LQ>RE .loiis-l£Sauni€r,=^^ /' Lausrnme
^. \ <--/"'!, x'"' \^-^l Limite d'État
de Province.
. - de Département.
^ L'eu i/e naissance des Poètes.
LA FRANGHE-GOMrti
SOUS leur bonhomie; ils raillent sans en avoir l'air, de façon onctueuse; leurs dards sont enveloppés de miel.
Et pourtant que de différences à observer entre les Comtois
de la plaine et ceux de la montagne : les premiers volontiers diserts, grands buveurs et grands mangeurs; les seconds renfermés, méditatifs, défiants et sobres !
Leur parler, la forme de leur patois, les distingue les uns des autres, j'allais dire les trahit, si je ne m'étais souvenu que rien n'a jamais pu trahir ces rusés compères. Un montagnard du Jura aurait grand'peine à se faire entendre d'un citadin ou d'un habitant du Plateau'. Ils ont leurs idiomes particuliers, leurs légendes. Là-dessus l'imagination superstitieuse des bardes a brodé d'infinies variations. Les plus anciens monuments littéraires de la Comté sont d'admirables chants populaires, auxquels sont venus s'adjoindre, au cours des luttes sanglantes, des traits de satires à l'adresse du vainqueur, des menus propos où leur penchant à la raillerie s'est donné libre cours. Autant que leurs voisins bourguignons, ils ont mêlé au témoignage de leur foi un esprit de malice qui fit douter de leur crédulité. D'où ces Noc'ls répandus à foison dans les bourgs et qui, avec les divertissements de La Crèche-, firent pendant longtemps les frais d'une littérature nationale.
Ici point n'est besoin d'observer deux courants. La poésie officielle u"a que faire sur ce sol inclément et rude; elle retourne à ses origines, cherche ailleurs un centre de culture pour s'épanouir. Quel Franc-Comtois se soucia jamais de ces poêles des xv et xvi» siècles : Pierre Michault, natif de la Chaux-Neuve (Doubs), auteur du Doctrinal de Court et de La Dancc aux Aveugles ; ieixn de la Baume, seigneur de Marloroy, lequel écrivit La Façon de vivre en Court et un dialogue en
1. On désicrnc ainsi une partie du Jura, couverte d'immenses forêts de sapins. " Le Jura, a-l-ou écrit, doime sa physionomie propre à la vieille Comté : sur les pcules inférieures, c'est le Vignoble; au-dessus, c'est le Plateau /enfin, au sommet, c'est la Alontayne, zone des gras pâtur.igcà, aux hivers très rigoureux. »
i. Charles Nodier, dans un article publié par la Revue de Paris, en I84;j. a donné des détails savoureux et réjouissants sur ces spectacles. L'origine des Cri'clies remonle sans contredit jusqu'aux Mystères et aux confrères de la l'assion; mais la forme naguère adoptée de ce drame populaire ne date guère que du xvii« siècle. I.e héros
f>rincipal de la Crèche bisontine était une marionnette connue sous c nom de liarbisicr, liousbot ou bourgeois de Ballant, « exemplaire typique du Franc-Comtois de terroir, rclors, honassc, rusé, mélianl », qui entreprenait de conduire à la Crèche le peuplc,lc clergé, les grands de l'époque, el d'exprimer au Dieu nouveau-né les doléances de la province. Ce vigneron patriote, presque toujours accompagné de sa femme, A^rtiVoHt'rr*?, passait en revue les événemenls actuels el tanrail assez verlemcnt, dans son palois local, les mauvaises doctrincs,'l('s mauvaises actions et les mauvaises mœurs, s'enhardissant parfois jusqu'à persifler, raiHer a oulrancc, les mailrcs et les puissanls du jour.
ers sur le trespas de très haulte dame Antoinette de Montuirtin; Ferry Julyot, Jean Villemin, Jean-Edouard du Monin, 'ierre Mathieu, rimeur des Quatrains de la Vanité du Monde, te? Ces derniers oublièrent volontiers leurs origines; leurs oncitoyens leur rendirent silence pour silence. A l'occasion, [uelque bibliothécaire, quelque lettré provincial, prononcera eur nom, mais on ne saura jamais si c'est par souci d'érudiionou bien pour faire état de notre ignorance, en se flattant le connaître mieux que nous les ouvriers de la tradition fran- ■aise. Le peuple, lui, n'aura garde de les confondre avec ses uiteurs préférés, le Père Christin Prost, l'imprimeur François lauthier, de Besançon* , tous deux noellistes notoires, et Jean- Louis Bizot, le naïf conteur de la Jacquemardade et autres patoiseries bisontines.
[ Le Comtois ne juge point des écrivains uniquement sur leur ! mérite personnel, mais par ce qu'ils ont apporté au terroir natal. En parcourant la liste des gloires locales, il sait faire la part de ce que le génie doit à la tradition et à la race, et ne confond pas le poète de cour avec le poète du cru. N'allez pas faire l'éloge de ce qui lui paraît impropre à son pays. Ce serait peine perdue. Il ne se soucie pas plus de Victor Hugo, né par hasard à Besançon, que du dernier rimeur du xviii» siècle. S'il parle d'Hugo, c'est presque toujours irrévérencieusement, et comme d'un personnage qui aurait usurpé le titre de Comtois. On comprend qu'avec de telles préventions l'étude des ressources littéraires en Franche-Comté n'ait pas donné ce que l'on en pouvait attendre. Pourtant, cette province est riche en poètes; et si le xvii« siècle ne nous donne guère que les noms de Claude d'Esternod, gouverneur du château d'Ornans, plaisant auteur de V Espadon satyrique- -, de Jean de Mairet, inventeur tragique;
1. Tous deux vécurent à Besançon. Le premier mourut le 26 d^ ccmbre 1690, et le second en 1730. L'un et l'autre ont écrit une foule de pièces rimées en patois sur les événements de leur pays. 11 en existe un grand nombre dédilions. Parmi les plus connues nous citerons les suivantes : Noëls nouveaux en patois de Besançon, sur de très beaux airs, avec la relation de la première campagne des Chrétiens en Honqrie. En vers patois héroï-burlesques, Besançon, Fr. Gauthier, 1717, in-12; Recueil de Noéls anciens, etc. A Besançon, chez J.-Cl. Bogillol, 1750, in-12. Les Noëls de Christin Prost et de Gauthier ont élé réimprimés au xix» siècle, avec des notes explicatives et historiques, par Tk. Belam\ . Voyez : Recueil de Noéls anciens, nouv. éd. corrigée suivie du sermon de la Crèche, etc., Besançon, impr. deBintôt, 1842, in-18; La même, 3« éd., Besançon, Ch. Marion, s. d., in-12,
2. Voyez L'Espadon satyriqiie, par le sieur d'Esternod, réimpr. faite sur l'éd. de Lyon, 1636, etc., Bruxelles, Merlens, 1863, in-12. Claude d'Esternod était né à Salins en 1500. La xvi" satire de ce re-
de J.-B. Chassignet et Philémon Gody, tous deux interprètes des textes sacrés; par contre, les siècles qui suivent peuvent fournir la matière d'une abondante moisson. Mais qui songera jamais à s'enquérir de Claude-Marie Giraud, de François-Xavier Talbert, de Jean-Louis Gabiot, de Cl. -M. Guyétand, d'Adrien Boys, de N. Légier, du Père Joly, et même du trop fameux Rouget de l'Isle? Parmi ceux-là, deux ou trois à peine s'imposent encore à l'attention des curieux. Ce sont Claude-Mario Giraud (Lons-le-Saulnier, 1711, Paris, 1780) et l'abbé François- Xavier Talbert (Besançon, 1728-1803). Le premier abolit la mainmorte et la corvée sur ses terres avant qu'il fût question de cette réforme, puis écrivit LaPcrjronie aux Enfers, La Thériacade.... La Procopadc, poèmes en une infinité de chants; le second acquit une mince célébrité en enlevant à Jean-Jacques Rousso;iii le prix de l'Académie de Dijon, avec un discours de l'Origine de l'Inégalité. Il fut détenu au séminaire de Viviers, puis au château de Pierre-Encise, pour ses pamphlets contre de Boynes, premier président au Parlement-. H y a encore Etienne Besançon, de Lavolte (bailliage de Dôle), imitateur de Gresset, Charles Verny, l'abbé Granjacquet, chantres rustiques, le marquis de Lezai-Marnesia, honnête homme et bienveillant Comtois, Des Biefs, conteur libertin, etc. Mais que dire des autres, et en particulier de Rouget de l'Isle, le plus médiocre de tous, bien qu'il ait conquis la renommée en composant des poésies de circonstance?
Avec Rouget de l'Isle le xvni» siècle finit. Nous sommes à l'aube d'une renaissance. Le paysan, maître du sol, va exalter le sol. La poésie d'expression personnelle va prendre la place de la poésie populaire anonyme. Parmi tous les chanteurs, un grand nombre sont descendus de leurs montagnes. Ils ont échangé le pipeau rustique et la corne du pAtre pour la fliUo virgiliennc et l'accordéon romantique. Ils célébreront la moisson, la vendange, les sites pittoresques, les joies de la famille, l'amour, que sais-jePLeur art sera volontiers Imaginatif, bucolique, anecdotiquo; il affectera toutes les formes, adoptera tous les genres, de l'héroïque au descriptif. Naturellement, il apportera sa part de lyrisme et do fantaisie, à la fois lamartinicn v\ satirique : la fresque à coté de la caricature. Il aura ses maîtres et ses imitateurs. Il tentera de s'élever aussi haut que les
cueil roule uniquement sur un capuciu de DôIc nommé Gucnar (pii, jetant le froc aux orlies, s'était enfui à Gcnc'^vc.
L'Espadon est cerlainomnnt le meilleur ouvrajje poëliqup qu'on ail ftcrit en Comté, mais il conlienl des vers d'une liberté telle que nous serions embarrassé d'en citer un morceau.
2. Cf. Lnnffvognet aux Enfers [pnrl'nhhr Talbert de Nancroi/ . Besancon, ITGO, in-li!. (Vovcz à j)rQpns de cet ouvrage Charles .S'<> dior, Dullet. du liiblinphil'e, 1838, p. iOO.)
cimes qui bornent l'horizon du ciel natal, et en même temps il se complaira aux querelles de clocher, aux traits de mœurs. De l'ensemble de toutes ses ressources, de ses facultés d'assimilation, de son originalité propre et de ses dons ethniques, le Franc-Comtois aura créé une poésie bien à lui, rai-sérieuse, mi-goguenarde, familière, colorée et simple, avec laquelle il excellera à refléter son caractère et à peindre — car il est peintre à la manière des Hollandais — ses coutumes locales.
Terre hospitalière aux idéalistes, la Franche-Comté, depuis plus d'un demi-siècle, regorge do poètes. Entendons-nous. Là, comme ailleurs, il y eut sans cesse plus de versificateurs que de génies vraiment nés pour l'œuvre lyrique. A peine une demidouzaine d'étoiles clignotant au sommet du Parnasse, puis quelques astres de moyenne grandeur. On les trouvera plus loin. Est-ce tout? Non. Il faut faire la part des oubliés, des méconnus. Ils sont nombreux d'ailleurs, ceux que l'exiguïté de notre cadre nous a interdit de recueillir. Nous ne les oublierons pas pour cela; au contraire. Puissent leurs noms, cités ici, leur valoir un regain de notoriété'. C'est Auguste Demesniay, l'un des plus sincères folkloristes de la vieille école, auteur des Solitudes {Paris, Levavasseur, 1830, in-12) et de ce recueil intéressant, mais faible, Traditions populaires de Franche-Comté (Paris, 1838, in-S»)-; c'est Gindré de Mancy, qui rima les Echos du Jura (Lons-le-Saulnier, imprim. F. Gauthier, 1841, in-8''); c'est Charles Viancin avec ses Carillons francs-comtois (Besançon, Ch. Deis et Bintôt, 1840, in-Soi^*; c'est Louis de Ronchaud,
\. On n'y lira point celui de Xavier Marmicr, l'un de nos grands paysagistes littéraires du xix« siècle. Il a laissé trop peu de \ers. On trouve néanmoins quelques pièces se rattachant à la Franche-Comté dans ce volume qu'il donna peu avant sa mort : Prose et Vers, i8'66-i886, Paris, Lahnre, 1890, in-1-2. Voyez la poésie intitulée : A La Chaudeau. Xavier Marmicr est un Franc-Comtois dhumeur cosmopolite.
2. Auguste Dcmesmay était de Pontarlier. II a exploité maintes légendes régionales. Voyez dans ses Traditions popidaires les pièces intitulées : Bolandseck, Bert/ie de Joux, Loise de Jeux, le Siège de Pontarlier, La Vierge de liemonot. Le Pont de l'Abbaye de .Vont- Benoit, etc. Ses livres sont très recherchés. Nous eussions voulu donner un spécimen de ses récits en vers; malheureusement la place nous manque.
3. Charles Viancin naquit en 1788 et mourut en 1874. Ce Bisontin fut le doyen de l'Académie de Besançon. Ses œuvres, pleines d'actualité, très répandues de son temps, ont fait l'objet dune élude de Charles Thuriet : « Charles Viancin, y esl-il écrit, dut sa popularité à la poésie délicate et légère, à la chanson, au conte, et surtout à la fable... Il avait un grand talent de diseur et tenait sous le charme son auditoire...» (Cf. Causerie sur C h. Vmncni, Besançon, Dodivers, 1882, in-S"). C'est beaucoup dire ; Viancin ne fui en réalité qu'un pâle imitateur de Désaugiers. Ses ouvrages ont perdu aujourd'hui le sel qui les faisait admettre.
observateur scrupuleux et peintre impartial du Jura, prosateur plus que poète; c'est l'infortuné Louis Mercier, horloger de Besançon', dont l'œuvre forme deux minces volumes, Au Pays comtois et Nostalgie (Besançon, imprimerie A, Cariage, 1900, in-S», etc.); c'est enfin A. Berthet, Henri Pauthier, puis Charles- Kmilien Thuriet, ce dernier si altaclié à son sol et aux traditions qu'on ne saurait parler de Franche-Comté sans citer quelques-uns de ses ouvrages. Il écrivit de délicates choses, justement appréciées de ses compatriotes : La Polisseuse de pipes, La Cancoillotte, etc.*.
1. Il était né à Besançon le 12 février 1830, au n» 2 de la rue du Collège. Fils de pauvres ouvriers, à lâgc de douze ans il quitta l'école pour l'alelier. Louis Mercior était membre de l'Académie de Besançon. Il mourut dans sa ville natale, à l'hôpital Saint-Jacques, le 5 janvier 1907, laissant, outre les deux volumes elles plus haut, un certain nombre de pièces, notamment des Contes et des Légendes qui, édités quelque prochain jour, par souscription, pourront lui donner « la tombe fleurie qu'il a souhaitée ».
2. M. Cli.-Emilicn Thuriet naquit à Baume-lcs-Dames le 8 octobre 1832. Avocat à Besançon, il fut successivement jug<! de paix à Annonay, àKougemonlet à Baume-les-l)amos, juge d'instruction et président du tribunal civil à Saint-Claude. Il vit actuellement retiré a Turin. On lui doit : Proverbes judiciaires (Paris, H. Leclievalier, 1892, in-4") ; Traditions popul. du iJoubs (ibid., 1891, in-i»); Traditions popid, de la Hante-Saône et du Jura {ihid., 1892, in-4»); Saint-Claude et ses encirons (Bourg, Impr. génér., 1890, in-8<>); Guyétand du Mont-Jura et le Génie vengé (Besançon, Jacquin, 190."i. in-S») ; enfin des poésies franc-comtoises : Cliansuns d'un villageois (Besançon, C. Marion, 187t), in-8»); Petites Poésies Iiaumoises,\iaumcles-Dames, Broihior, 1886, in-321; Petites Poésies San-Clnudiennes (Saint-Claude, impr. veuve Knard, 1888, in-32). Bien que la place nous soit parcimonieusement comptée, nous ne résistons pas au dessein de reproduire quelques vers de l'une de ses compositions les plus connues, La Cancoillotte :
... Vous voulez qu'à ce moment Le ]Annc jirodiiit qui va sous jipu
Oii déjà la muse (grelotte, Se Irausfoi mer on caufoillollc.
J'obéis et vais» de mon mieux Ait fait doucement fermenter
Dire commonl la ménagère La savoureuse moisissure.
Non» prépare ce mois des dieux. Kniicltez-la de temps en temps; Qu'on nomme aussi In fronimyrv. Kl quand r'lmr[UP iielito molle
Panit un beau lintre clair mnillt- Jaunit comme le hié de» eliamps,
Avec amour on emmaillote Faites cuire la eancoillolte.
r n gros amas d.. lail. -aillé. Dorn ière préparation.
Prmcipe de la ..«n-oilloUe. y,,. ,,^j^ ^.^^l^^^^ . ;^^ ^ y^^^^^ ^
Quand bien eomprim<'. bien tordu, Mêlez, avec discrétion.
Il ne re«le plus imc kouUo Kn tournanl, eau, sel, poivre et beurre
I>e liquide en ce rrsidu. Sur le fou quand tniil est fondu
Son aspect déjà vous raKortto; Kl que plus un ^runioau ne Hotte,
Pans un vase, non loin du feu, "Versez chaud votre contenu :
A l'abri du chat, l'on dépote Vous aurez fait la cancoillotte.
Après eux, après leurs contiauateurs ou leurs disciples dont les essais sont des promesses, c'est la cohue anonyme et sans gloire des aèdes de sous-préfectures et des muses départementales.Ne les raillons pas trop, car ils ont apporté, eux aussi, leur épi à la gerbe commune. Us s'appellent : J.-Ch. Jouvenot, A. Dévoile, Mandrillon, Richard Baudin, Alexandre de Saint- Jean, Casimir Blondeau, Adolphe Chevassus, Pierre Mieusset, Léon Delavelle, Eugène Tavernier, Alfred Marquiset, Léon Huot, Julien Mauveaux, M""» Ernest Brun, etc. Qui se souviendra de ces travailleurs obscurs? Vous peut-être, collectionneurs et bibliophiles qui nous avez tant aidé dans nos recherches, et que nous ne nommons pas, car votre modestie s'accommode mal des éloges publics'...
Bibliographie. — Bruzen de la Martinière, Grand Dictionnaire géographique, historique, etc., Paris, P. -G. Le Mercier, etc.
— Expilly, Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, t. III, Amsterdam, Paris, Desaint et Saillant, 1764, in-fol. — D. Monnier, Vocabulaire de la langue rustique et populaire du Jura, 1824 (figure en outre dans le volume donné par E. Coquebert, de Montbret et l'abbé J. de la Bouderie, Mélanges sur les dialectes et patois, Paris, Delaunay, 1831, in-S»^ ; le même, Les Jurassiens recommandables par des bienfaits et des vertus, etc., Lons-le-Saulnier, F. Gauthier, 1828, in-8». — S. -F. Fallot, Recherches sur les Patois de l'ranche-Conité, de Lorraine et d'Alsace, Montbéliard, Deckherr, 1828, in-r2. — Charles Nodier, Mélanges tirés d'une petite bibliothèque, Paris, Crapelet, 1829, in-8° ; Notices bibliogr. et littéraires, Paris, 1834, in-S»; — Pyot, La Franche-Comté ou Comté de Bourgogne, ses souverains, ses hommes illustres et sa géographie, Dôle, Prudout,
1836, in-12 Ed. Clerc, Essai sur l'histoire de la Franche-Comté,
Besançon, 1840-1846, 2 vol. gr. in-S». — Th. Belamy, Recueil des Noèls anciens au patois de Besançon, nouv. édit. corrigée, etc., Besançon, imprimerie Bintôt, i842, in-18. — Aristide GuilbeijJ, Histoire des villes de France, Paris, Furne, 1848, t. V. gr. in-8».
— Alex. Guénard, Besançon, description historique, 1860, in-S".
Heureux le vigneroa d'Arhois, S'il peut, en prenant son outil,
Ou de Poligny, non moins digne. Cacher dans le fond <le sa hotte.
Qui, dans sos gros sabots de bois, Avec la miohe et le baril,
Dès le matin part pour la vigne. Un joli bol de eancoilloUe !
(Ces vers, de même que la matière de la note qui précède, nous ont été communiques par M. l'abbé Perrod.)
1. (Juclques-uns de ces derniers mériteraient pourtant un meilleur sort : Adolphe Chevassus, Julien Mauveaux, Alfred Marquiset entre autres ; les deux premiers par leur persévérance, le troisième par son esprit local. Alfred Marquiset a publié deux recueils, Rasure et liamandons (Besanoou, Jacquard, 1893, in-18); Grayloiseries (Grov, impr. Gilbert, 19u3, in-8»), assez expressifs.
— Surchaiix, Galerie biographique du départ, de la Haute-Saône. Vesoul, impriin. Siichaux, 1864, in-S». — Max Huchon, Noé'ls ei Chants populaires de la Franche-Comté, Salins, 1865, 2 vol. ia-12. — J. Tissot, Les Fourgs, Les Mœurs, Besançon, Marion, 1873, in-18. — Charles Contejan, Glossaire du patais de Montbé- ■liard, Montbéliard, Barbier, 1876, gr. ia-S». — Alfred Dantés, La Franche-Comté littéraire, scientifique, artistique, rec. de notices sur les hommes les plus remarquables du Jura, du Doubs et de la Haute-Saône, Paris, 1878, gr. in-18. — G. Robert, Catalogue des manuscr. relatifs à la F.-C. qui sont conservés dans les
bibliothèques publiques de Paris, Paris, Champion, 1878, in-8».
— Eugène Tavernier, La Poésie et les Poètes en Franche-Comté avant le dix-neuvième siècle, Paris, Lemerre, 1886, in-8". — Charles Thuriet, Traditions populaires du Doubs; Traditions populaires de la Haute-Saône et du Jura, Paris, Lechevalier, 1891 et 1892, 2 vol. in-4". — Charles Beauquier, Chansons populaires recueillies en Franche-Comté, Paris, Lechevalier, 1894, in-8». — Louis Tuetey, Anthologie des Fabulistes Franc-Comtois, Dole, imprim. L. Bernin, 1895, in-18. — Henri Bouchot, La Franche-Comté, Paris, Pion, 1900, in-4°. — Albert Grimaud, La llace et le Terroir, Cahors, Petite Biblioth. provinciale, 1903, in-18. — J. Michelct, Notre France, 9° édit., Paris, Colin, 1907, in-18. — Vidal de la Blache, Tableau de la géographie de la France {Histoire de France, d'E. Lavisse, t. I), 3» édit., Paris, Hachette, 1908, in-4'. — J. Févre et H. Hauser, Régions et pays de France, Paris, Alcan, 1909, in-18.
Voyez en outre la Revue Franc-Comtoise, la Revue des Deux Bourgognes, Recueil de l'Académie de Besançon, Mémoires et documents publiés par l'Académie de Besançon, Bulletin de la Société d'émulation du Doubs, Bulletin de la Société d'émulation du Jura, Bulletin de l'Académie de Besançon, Annales franccomtoises, Bulletin de la Soc. grayloise d'émulation. Mémoires de la Soc. d'émulation de Montbéliard, Les Gaudes, etc., etc.
CHANSONS POPULAIRES
CHANSON DES PETIGNATi
C'est les garc;ons de Chèvremont — Qui sont partis pour la nation, — Qui sont allés dedans la guerre — Sans dire adieu à leurs maîtresses. — Que le mauvais tonnerre tue les Pé, pé, pé, — Que le mauvais tonnerre tue les Pétignat, — Vive Xqs gens de l'Ajoie!
Quand il fut loin de son pays, — Le plus jeune s'en repentit; — Il s'en revient droit chez sa tante, — Là où sa belle elle y fréquente.
Eh! bonjour, ma tante Ali, — Est-ce que ma mie n'est point joar ici ? —
CHANSON DES PETIGNAT
C'a lès bôbes de Tchêvremont, (bis)
Que sont paitchis pou lai nation, (bis)
Que sont aivus dedans lai guerre Sans dire aidue ai lu maîtresses -.
Que lou ma ten tiuait lès Pe, pe, pe,
Que lou ma ten tiuait les Petegnot,
Vive lès Aidjoulots! (bis)
Quand è fut louèn de son paj's (bis)
Lou pu djuene s'en repentit; (bis)
E s'en revint drai tchè sai tante.
Lai vou sai belle elle y fréquente.
Que lou ma ten tiuait, etc.
E! dobondjoué, mai tante Ali; (bis)
A-c'que mai mie n'a pouèn po chi? (bis)
1 . Cette clianson est extraite du Glossaire patois de Montbéliard, de Ch. Conlcjan. Montbéliard, imprini. Barbier, in-8», 1876.