‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 153 sur 393 · Où yiyx, note the subjonctive mood to indicate a doubt · texte numérisé non relu

Où yiyx, note the subjonctive mood to indicate a doubt

S' Qui, referi to moi and U «abject of descend* which il therefore in the firat person,

lêa l$& PO&TES tfRA&ÇAlè.

Quelque amour t'est venu, comme on en voit sur terre,

Une ombre de plaisir, un semblant de bonheur.

Viens, chantons devant Dieu ; chantons dans tes pen-

[sées,

Dans tes plaisirs perdus, dans tes peines passées ;

Partons, dans un baiser, pour un monde inconnu.

Prends ton luth ! prends ton luth ! je ne peux plus me

[taire.

Mon aile me soulève au souffle du printemps.

I*e vent va m'emporter ; je vais quitter la terre. Une larme de toi ! Dieu m'écoute ; il est temps.

L,E poète.

S'il ne te faut, ma sœur chérie, Qu'un baiser d'une lèvre amie Et qu'une larme de mes yeux, Je te les donnerai sans peine ; De nos amours qu'il te souvienne, Si tu remontes dans les cieux.

Je ne chante ni l'espérance, Ni la gloire, ni le bonheur, Hélas !• pas même la souffrance.

L,a bouche garde le silence Pour écouter parler le cœur.

IvA MUSE.

Crois- tu donc que je sois 1 comme le vent d'automne, Qui se nourrit de pleurs jusque 3 sur un tombeau,

1. Sois, note the subjunctive mood after croire In adoabtfalmeanlng. g, Jroçi7B,eren.

ALFRED t>E MUSSE*. l8l

Et pour qui la douleur n'est qu'une goutte d'eau ? O poète ! un baiser, c'est moi qui te le donne.

L'herbe que je voulais arracher de ce lieu,

C'est ton oisiveté ; ta douleur est à Dieu.

Quel que soit le souci que ta jeunesse endure,

Laisse-la s'élargir, cette sainte blessure

Que les noirs séraphins t'ont faite au fond du cœur ;

Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur.

Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète,

Que ta voix ici-bas doive rester muette.

I/ es plus déses pérés sont les chants lçs plus beaux,

Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.

i,E poète.

O Muse ! spectre insatiable,

Ne m'en demande pas si long.

L'homme n'écrit rien sur le sable

A T heure où passe l'aquilon.

J'ai vu le temps où ma jeunesse

Sur mes lèvres était sans cesse

Prête à chanter comme un oiseau ;

Mais j'ai souffert un dur martyre,

Et le moins que j'en pourrais dire,

Si je l'essayais sur ma lyre,

La briserait comme un roseau, Mai, 1835.

ïS2 tES PORTES FRANÇAIS.

Page 1