LA NUIT D'AOUT
I*A MUSE
Depuis que le soleil, dans l'horizon immense, A franchi le Cancer sur son axe enflammé, I*e bonheur m'a quittée, et j'attends en silence L'heure où m'appellera mon ami bien-aimé.
Hélas ! depuis longtemps sa demeure est déserte ; Des beaux jours d'autrefois rien n'y semble vivant. Seule, je viens encor, de mon voile couverte, Poser mon front brûlant sur sa porte entr' ouverte, Comme une veuve en pleurs au tombeau d'un enfant
LE poète.
Salut à ma fidèle amie !
Salut, ma gloire et mon amour !
IfSL meilleure et la plus chérie
Est celle qu'on trouve au retour.
Iy' opinion et l'avarice
Viennent un temps 1 de m'emporter.
Salut, ma mère et ma nourrice !
Salut, salut, consolatrice !
Ouvre tes bras, je viens chanter.
LA MUSE
Pourquoi, cœur altéré, cœur lassé d'espérance, T'enfuis-tu si souvent pour revenir si tard?
Que t'en vas- tu chercher, sinon quelque hasard ? Et que rapportes-tu, sinon quelque souffrance ?