‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 154 sur 393 · LA NUIT D'AOUT · texte numérisé non relu

LA NUIT D'AOUT

I*A MUSE

Depuis que le soleil, dans l'horizon immense, A franchi le Cancer sur son axe enflammé, I*e bonheur m'a quittée, et j'attends en silence L'heure où m'appellera mon ami bien-aimé.

Hélas ! depuis longtemps sa demeure est déserte ; Des beaux jours d'autrefois rien n'y semble vivant. Seule, je viens encor, de mon voile couverte, Poser mon front brûlant sur sa porte entr' ouverte, Comme une veuve en pleurs au tombeau d'un enfant

LE poète.

Salut à ma fidèle amie !

Salut, ma gloire et mon amour !

IfSL meilleure et la plus chérie

Est celle qu'on trouve au retour.

Iy' opinion et l'avarice

Viennent un temps 1 de m'emporter.

Salut, ma mère et ma nourrice !

Salut, salut, consolatrice !

Ouvre tes bras, je viens chanter.

LA MUSE

Pourquoi, cœur altéré, cœur lassé d'espérance, T'enfuis-tu si souvent pour revenir si tard?

Que t'en vas- tu chercher, sinon quelque hasard ? Et que rapportes-tu, sinon quelque souffrance ?

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