‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 155 sur 393 · Un tïmps, quelque temps, Eng., for gome tlmo · texte numérisé non relu

Un tïmps, quelque temps, Eng., for gome tlmo

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Et tu laisses mourir cette pauvre verveine

Dont les derniers rameaux, en des tenlps plus heureux,

Devaient être* arrosés des larmes de tes yeux.

Cette triste verdure est mon vivant symbole ;

Ami, de ton oublia nous mourrons toutes deux,

Et son parfum léger, comme l'oiseau qui vole,

Avec mon souvenir s'enfuira dans les cieux.

i,E poète.

Quand j'ai passé par la prairie, J'ai vu, ce soir, dans le sentier, Une fleur tremblante et flétrie, Une pâle fleur d'églantier.

Un bourgeon vert à côté d'elle Se balançait sur l'arbrisseau ; J'y vis poindre une fleur nouvelle ; La plus jeune était la plus belle :

L'homme est ainsi, toujours nouveau.

Quand j'ai traversé la vallée, Un oiseau chantait sur son nid.

Ses petits, sa chère couvée, Venaient de mourir 3 dans la nuit.

Cependant il chantait l'aurore ; O ma Muse ! ne pleurez pas :

A qui perd tout, Dieu reste encore, Dieu là-haut, 1* espoir ici-bas.

1 DSTAIB5T KTRK, W61* tO t*. j

2 Pk ton oubli, becauae ol your forgetfulneas. j

& Vexaient pb mourir, had just died. --**** .{

Puisque l'oiseau.des bois voltige et chante encore Sur la branche oh ses œufs sont brisés dans le nid ; Puisque la fleur des champs en tr' ouverte à l'aurore, Voyant sur la pelouse une autre fleur éclore, S'incline sans murmure et tombe avec la nuit ;

Puisqu'au fond des forêts, sous les toits de verdure,

On entend le bois mort craquer dans le sentier,

Et puisqu'en traversant l'immortelle nature,

L'homme n'a su trouver de science qui dure,

Que de marcher toujours et toujours oublier ;

[sière, Puisque, jusqu'aux rochers,* tout se change en pous-

Puisque tout meurt ce soir pour revivre demain ;

Puisque c'est un engrais que le meurtre et la guerre ;

Puisque sur une tombe on voit sortir de terre

Le brin d'herbe sacré qui nous donne le pain ;*

O Muse ! que m'importe ou la mort ou la vie ? J'aime, et je veux pâlir ; j'aime, et je veux souffrir; J'aime, et pour un baiser je donne mon génie ; J'aime, et je veux sentir sur ma joue amaigrie Ruisseler une source impossible à tarir.

Août 1836.

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