‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 156 sur 393 · I,E POÈTE · texte numérisé non relu

I,E POÈTE

Du temps que j' étais écolier, Je restais un soir à veiller* Dans notre salle solitaire.

Devant ma table vint s'asseoir Un pauvre enfant vêtu de noir, Qui me ressemblait comme un frère.

Son visage était triste et beau ; A la lueur de mon flambeau, Dans mon livre ouvert il vint lire.

Il pencha son front sur ma main, Et resta jusqu'au lendemain, Pensif, avec un doux sourire.

Comme j'allais avoir quinze ans, Je marchais un jour, à pas lents, Dans un bois, sur une bruyère Au pied d'un arbre vint s'asseoir Un jeune homme vêtu de noir, Qui me ressemblait comme un frère.

Je lui demandai mon chemin ;

Il tenait un luth d'une main,

De l'autre un bouquet d'églantine.

Il me fit un salut d'ami,

Et, se détournant à demi,

Me montra du doigt la colline.

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