‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 166 sur 393 · Dts qui, as nooa as · texte numérisé non relu

Dts qui, as nooa as

Dès qu'il redescend en lui-même, Il t'y trouve ; tu vis en lui.

S'il souffre, s'il pleure, s'il aime, C'est son Dieu qui le veut ainsi.

De la plus noble intelligence L,a plus sublime ambition* Est de prouver ton existence, Et de faire épeler ton nom.

De quelque façon qu'on t'appelle, Brahma, Jupiter ou Jésus, Vérité, Justice éternelle, Vers toi tous les bras sont tendus,

I^e dernier des fils de la terre Te rend grâces du fond du cœur, Dès qu'il se mêle à sa misère Une apparence de bonheur.

I^e monde entier te glorifie :

1/ oiseau te chante sur son nid ; Et pour une goutte de pluie Des milliers d'êtres t'ont béni.

Tu n'as rien fait qu'on ne l'admire Rien de toi n'est perdu pour nous ; Tout prie, et tu ne peux sourire, Que nous ne tombions à genoux.

1. Ambition, construe: la plus sublime ambition de la plut noble intelligence, Ambi- $ ton la subject of est.

AI,tfREÎ> £>n MÛSSËtf. 197

ÏPourquoi donc, 6 Maître suprême, As-tu créé le mal si grand, Que la raison, la vertu même, S* épouvantent en le voyant?

lorsque tant de choses sur terre Proclament la Divinité, Et semblent attester d'un père 1/ amour, la force et la bonté, 1

Comment, sous la sainte lumière, Voit-on des actes si hideux, Qu'ils font expirer la prière Sur les lèvres du malheureux ?

Pourquoi, dans ton œuvre céleste, Tant d'éléments si peu d'accord ?

A quoi bon le crime et la peste ?

O Dieu juste ! pourquoi la mort?

Ta pitié dut être profonde Lorsqu'avec ses biens et ses maux, 1 Cet admirable et pauvre monde Sortit en pleurant du chaos !

Puisque tu voulais le soumettre Aux douleurs dont3 il est rempli, Tu n'aurais pas dû lui permettre De t' entrevoir dans l'infini.

2. L'AMorR, la force ET la BONTE are direct objecta of attester.

Page 1