Quelque chose, Vâme
Cette feuille qui tombe et qu'à jamais oublie L'arbre, auquel tout à l'heure un souffle l'enleva. Ce jour déjà mourant qui lutte et s'humilie Comme un proscrit blessé que le ciel réprouva, '
Cette feuille, ce jour, cet oubli, tout m'attriste.
Une seule pensée en mon esprit subsiste,
Qui me dit : " C'est l'hiver ! " qui me dit : " C'est la
[nuit!" Demain, cieux et forêts rajeuniront encore
Mais à la feuille morte, à l'heure qui s'enfuit,
Hélas ! qui parlera de printemps ou d'aurore ?...
F. FABI& 329
F. FABIÊ,
Fabié (François) naquit à Durenque (Aveyron) le 3 novembre 1846.
Né de parents pauvres ce ne fut qu'à force de travail et d'énergie qu'il arriva à la position de professeur au lycée Charlemagne, qu'il occupe maintenant. La poésie de M. Fabié se distingue par sa pureté et sa morale parfaites, toujours il chante son cher pays du Rouergue et il le fait avec un talent qui évoque dans l'esprit du lecteur l'image de Brizeux, le grand poète de la Bretagne et des Bretons. F. Fabié a publié en 1886 un volum* intitulé " La Poésie des Bêtes ", et en 1887 il nous a donnA *«* *econd recueil appelé " lie Clocher." 4