‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 341 sur 393 · QCR GR soit, let it be BO · texte numérisé non relu

QCR GR soit, let it be BO

i. Extib, désire.

feAtJI, BOURGS*. 3^3

t^e fantôme me dit avec ses lèvres blanches :

u Qu'as- tu fait de tes jours passés, homme mortel?

Ils ne reviendront plus t'offrir leurs vertes branches.

Qu'as- tu cueilli sur eux dans la fraîcheur du ciel ?"

— " Fantôme, j'ai vécu comme vivent les hommes : u J'ai fait un peu de bien, j'ai fait beaucoup de mal.

' ' Il est dur aux songeurs, 1 le siècle dont nous sommes ; a " Pourtant j'ai préservé mon intime Idéal !..."

I^e fantôme me dit : " Où donc est ton ouvrage? " Et je lui montre alors mon rêve intérieur, Trésor que j'ai sauvé de plus d'un noir naufrage,

— Et ces vers de jeune homme où j'ai mis tout mon

[cœur.

Oui ! tout entier : espoirs heureux, légers caprices, Coupables passions, splénétique rancœur, 8 J'ai tout dit à ces vers, tendres et sûrs complices. Qu'ils témoignent pour moi, fantôme, et pour ce cœur !

Que leur sincérité, Juge d'en haut, te touche, Et, comme aux temps lointains des rêves nimbés d'or, Pardonne, en écoutant s'échapper de leur bouche Ce cri d'un cœur resté chrétien : Confiteor !

(Les Aveux).

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