QCR GR soit, let it be BO
i. Extib, désire.
feAtJI, BOURGS*. 3^3
t^e fantôme me dit avec ses lèvres blanches :
u Qu'as- tu fait de tes jours passés, homme mortel?
Ils ne reviendront plus t'offrir leurs vertes branches.
Qu'as- tu cueilli sur eux dans la fraîcheur du ciel ?"
— " Fantôme, j'ai vécu comme vivent les hommes : u J'ai fait un peu de bien, j'ai fait beaucoup de mal.
' ' Il est dur aux songeurs, 1 le siècle dont nous sommes ; a " Pourtant j'ai préservé mon intime Idéal !..."
I^e fantôme me dit : " Où donc est ton ouvrage? " Et je lui montre alors mon rêve intérieur, Trésor que j'ai sauvé de plus d'un noir naufrage,
— Et ces vers de jeune homme où j'ai mis tout mon
[cœur.
Oui ! tout entier : espoirs heureux, légers caprices, Coupables passions, splénétique rancœur, 8 J'ai tout dit à ces vers, tendres et sûrs complices. Qu'ils témoignent pour moi, fantôme, et pour ce cœur !
Que leur sincérité, Juge d'en haut, te touche, Et, comme aux temps lointains des rêves nimbés d'or, Pardonne, en écoutant s'échapper de leur bouche Ce cri d'un cœur resté chrétien : Confiteor !
(Les Aveux).