‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 366 sur 393 · LA VOILE · texte numérisé non relu

LA VOILE

Mon âme, quel ennui de demeurer tranquille !

Je suis las d'admirer un même océan bleu ;

Si nous tentions d'atteindre aux plages de quelque lie

Là-bas, au large, afin de voyager un peu ?

N'es-tu pas une voile blanche de navire, O mon âme ? Il se lève enfin un bon espoir !

Et son souffle pourrait peut-être nous suffire Pour parvenir au port avant la peur du soir.

Le calme, dont le doux bercement nous invite A rester, est trompeur comme l'eau de la mer, Et, si tu veux partir, ô mon âme, profite Du léger vent qui nous présage un ciel moins clair.

Vers d'autres horizons, vers ces îles lointaines Dont la verdure émerge aux limites des cieux, Sur l'avenir et ses promesses incertaines Mettons le cap, 1 mon âme, avec des cris joyeux !

L HsTTOHS Li cap, let ua b«ar towarda. Th« orderia: mettons te cap mr FaM*4r et ses promesses incertaines.

384 WS POÈTES FRANÇAIS.

E. MIKHAEL.

Mikhael (Georges-Ephraïm-Michel) naquit à Toulouse le 25 juin 1866. Il débuta par des poésies qui furent publiées dans différentes revues, mais qu'il réunit bientôt en un volume qu'il intitula : " L'Automne ".

Jeune entre les jeunes, M. Mikhael a devant lui un avenir brillant et il sera certainement une des gloires de notre littérature si ses œuvres subséquentes répondent à ses débuts.

VA UTOMNE.

Le parc bien clos s'emplit de paix et d'ombre lente :

Un vent grave a soufflé sur le naïf orgueil

Du lis et la candeur de la rose insolente ;

Mais les arbres sont beaux comme des rois en deuil.

Encore un soir ! Des voix éparses dans l'automne Parlent de calme espoir et d'oubli ; Ton dirait Qu'un verbe 1 de pardon mystérieux résonne Parmi les rameaux d'or de la riche forêt.

Au dehors, par delà 2 mon vespéral domaine, La terre a des parfums puissants et ténébreux ; Dans les vignes, le vent vibrant de joie humaine Disperse des clameurs de vendangeurs heureux :

C'est l'altière saison des grappes empourprées : Des splendeurs de jeunesse éclatent dans les champs* Si j'allais me mêler aux foules enivrées De clairs raisins, et si j'allais chanter leurs chants?

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