‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 85 sur 393 · V. &UGÔ. IÔI · texte numérisé non relu

V. &UGÔ. IÔI

u Vous m'avez visité souvent dans mon sommeil.

" Mes jours se sont flétris dans leurs mains meurtrières,

"Seigneur, mais les méchants sont toujours malheu.

[reux #

" Oh ! ne soyez pas, sourd comme eux à mes prières,

" Car je viens vous prier pour eux."

Et les anges chantaient : — " 1/ arche à toi se dévoile,

"Suis-nous : sur ton beau front nous mettrons une

[étoile.

u Prends les ailes d'azur des chérubins vermeils.

u Tu viendras avec nous bercer l'enfant qui pleure,

" Ou, dans leur brûlante demeure,

" D'un souffle-lumineux rajeunir les soleils. "

Soudain le chœur cessa, les élus écoutèrent : Il baissa son regard par les larmes terni ; Au fond des cieux muets les mondes s'arrêtèrent, Et l'éternelle voix parla dans l'infini.

" O roi, je t'ai gardé loin des grandeurs humaines l " Tu t'es réfugié du trône dans les chaînes.

" Va, mon fils, bénis tes revers.

" Tu n'as point su des rois l'esclavage suprême, "Ton front du moins n'est pas meurtri du diadème,

" Si tes bras sont meurtris de fers.

lt Enfant, tu t'es courbé sous le poids de la vie. " Et la terre, pourtant, d'espérance et d'envie " Avait entouré ton berceau ! ,

* Viens, ton Seigneur lui-même eut ses douleurs divines, "Et mon fils, comme toi, roi couronné d'épines, " Porta le sceptre de roseau î " Décembre 1822.

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