V. &UGÔ. IÔI
u Vous m'avez visité souvent dans mon sommeil.
" Mes jours se sont flétris dans leurs mains meurtrières,
"Seigneur, mais les méchants sont toujours malheu.
[reux #
" Oh ! ne soyez pas, sourd comme eux à mes prières,
" Car je viens vous prier pour eux."
Et les anges chantaient : — " 1/ arche à toi se dévoile,
"Suis-nous : sur ton beau front nous mettrons une
[étoile.
u Prends les ailes d'azur des chérubins vermeils.
u Tu viendras avec nous bercer l'enfant qui pleure,
" Ou, dans leur brûlante demeure,
" D'un souffle-lumineux rajeunir les soleils. "
Soudain le chœur cessa, les élus écoutèrent : Il baissa son regard par les larmes terni ; Au fond des cieux muets les mondes s'arrêtèrent, Et l'éternelle voix parla dans l'infini.
" O roi, je t'ai gardé loin des grandeurs humaines l " Tu t'es réfugié du trône dans les chaînes.
" Va, mon fils, bénis tes revers.
" Tu n'as point su des rois l'esclavage suprême, "Ton front du moins n'est pas meurtri du diadème,
" Si tes bras sont meurtris de fers.
lt Enfant, tu t'es courbé sous le poids de la vie. " Et la terre, pourtant, d'espérance et d'envie " Avait entouré ton berceau ! ,
* Viens, ton Seigneur lui-même eut ses douleurs divines, "Et mon fils, comme toi, roi couronné d'épines, " Porta le sceptre de roseau î " Décembre 1822.