‹ Les poètes français du XIXe siècle;Chapitre 93 sur 393 · Une planète d'or, la Itmt · texte numérisé non relu

Une planète d'or, la Itmt

Le jour est pour le mal, la fatigue et la haine. Prions : voici la nuit ! la nuit grave et sereine ! Le vieux pâtre, le vent aux brèches de la tour, Les étangs, les troupeaux, avec leur voix cassée, Tout 1 souffre et tout se plaint. La nature lassée A besoin de sommeil, de prière et d'amour !

C'est l'heure où les enfants parlent avec les anges. Tandis que nous courons à nos plaisirs étranges, Tous les petits enfants, les yeux levés au ciel, Mains jointes et pieds nus, à genoux sur la pierre, Disant à la même heure une même prière.

Demandent pour nous grâce au Père universel !

Et puis ils dormiront. — Alors, épars dans l'ombre, Les rêves d'or, essaim tumultueux, sans nombre, Qui naît aux derniers bruits du jour à son déclin, Voyant de loin leur souffle et leurs bouches vermeilles, Comme volent aux fleurs de joyeuses abeilles, Viendront s'abattre en foule à leurs rideaux de lin !

O sommeil du berceau ! prière de l'enfance !

Voix qui toujours caresse et qui jamais n'offense ! Douce religion qui s' égayé et qui rit !

Prélude du concert de la nuit solennelle !

Ainsi que l'oiseau met sa tête sous son aile, L'enfant dans la prière endort son jeune esprit !

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