LA REQUÊTE AU CARDINAL
Je suis, depuis quatre ans, atteint d'un mal hideux
Qui tâche de m'abattre, .1 '« n pleure comme un veau, bien souvent comme deux.
Quelquefois comme quatre.
Pressé de mon malheur, je voulus présenter
Au Cardinal (1) requête :
Je fis donc quelques vers, à force de gratter Mon oreille et ma tête.
..and homme d'Etat ma requête écouta
Et la trouva jolie ; Mais, là-dessus, survint la mort qui l'emporta
Et ne m'apporta mie.
Paul Scap.ron-.
SONNET
Superbes monuments de l'orgueil des humains. Pyramides, tombeaux, dont la vaine structure A témoigné que l'art, par l'adresse des mains Et l'assidu travail, peut vaincre la nature;
Vieux palais ruiné.-, chefs-d'œuvre des Romains, EL le dernier effort de leur architecture ; Colisée où souvent les peuples inhumains De s'entr'assassiner se donnaient tablature:
verne », terreur de l'Immonde jésuite Garasse, pittoresque ■ souhait, écrlvain-né employant un vocabulaire qui, mal- -iv sa richesse, n'a presque pas vieilli, il fut très aimé et très recherché des grands de son époque. Il disait ses \< PS i merveille, connaissait la musique et restait inégalable comme joyeux convive. Il mourut en 1660. Ses poésies ont été imprimées à plusieurs reprises. Son poème le plus connu est celui de Moïse que Boileau cita dans l'Art poétique. La meilleure édition ancienne des œuvres de Saint- Amand est celle de 1643 (« à Lyon, chez la veuve de Jean Jac quemetton »). Je considère Mar< Antoine Gérard de Saint Amand comme le Callot de notre littérature. (1) Richelieu.
Par l'injure du temps vous êtes abolis
Ou, du moins, la plupart, on vous a démolis :
Il n'est point de ciment que le temps ne dissoude.
Si vos marbres si durs ont senti son pouvoir,
T)ois-je trouver mauvais qu'un méchant pourpoint noir
Qui m'a duré deux ans soit troué par le coude?
Paul Scarron (1).