‹ Les poètes humoristesChapitre 35 sur 85 · L'EVEQUE ET LE CHANOINE · texte numérisé non relu

L'EVEQUE ET LE CHANOINE

Disciple aimable d'Augustin

Qui, dans son temps, fut très aimable,

Un gros chanoine libertin

Avec une brune adorable

Eut un commerce clandestin

Et se croyait fort excusable ,

Donnant à Dieu tout le matin,

De donner la soirée au diable.

« Est-ce là cette chasteté

Que votre règle vous commande ? »

Lui dit son évêque irrité,

En manière de réprimande.

Le chanoine, d'un ton hautain,

Lui répondit : « Croyez, mon maître,

Que je sais mon Saint- Augustin

Autant que vous... et mieux, peut-être.

Ce que sa morale défend,

Sa vie, entre nous, l'autorise,

Car il fut père d'un enfant

Avant de l'être de l'Eglise. »

De Pus (1).

(1) Pierre-Antoine-Augustin de Piis, né à Paris en 1755, fils d'un chevalier de Saint-Louis qui avait été major au Cap, Français. Destiné d'abord à servir dans le régiment du Cap, la faiblesse de sa santé l'obligea à renoncer à l'état militaire. Il suivit son inclination pour les lettres, se lia avec Sainte-Foix et l'abbé de l'Attaignant, fut successivement, depuis 1784 (sa première œuvre, La Bonne femme, date de

CHOIX DF. POÉSIES G5

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