L'ÉLECTION
KSH Ml NI( [PAL DE MONLÉGN-MaGNOAC (1)
Dimanche, à Garaison; trois Pères ml <lu confessionnal
allaient voter, chrétiens austères, Pour le Conseil municipal.
« Il faut, dit Grosjoufflu, des nôtres « Favoriser l'élection. »
« Oui, répondirent ies deux autres, Grosjoufflu, vous avez raison. »
« La liste réactionnaire [ci, sans doute, passera :
Mais à Monléon, au contraire, L'autre aisément triomphera.
On ne peut, par des patenôtres, Sauver la situation. »
.. répondirent les deux autres, Grosjoufflu, vous avez raison. »
« Chargeons-nous de compter les votes,
des scrutateurs malins.
Faisons pour les voix dans nos notes
ijuc Jésus fit pour les pains.
Inspirons nous, z ilés api De la multiplication. »
« Oui, répondirent les deux autres,
joufflu, vous avez raison. »
i aes Deux Gendarme» de Gustave Nadaud) contre les religieux politiciens dirigeant un établissement d'instruction à Monléon-Garaison hameau de Castelnau-Magnoac Hautes-Pyrénées Les Garalsonniens ayanl voté, le dépouillement avait été tait par le supérieur (sur- Dommi îjoufflu de l 'établissement assisté <le deux
autres I
7'l LES POÈTES HUMORISTES
« Il ne suffit pas qu'on ajoute Plusieurs suffrages aux amis ; Il faut aussi, sans aucun cloute, En retrancher aux ennemis.
Républicains ! pour tous les vôtres En avant la soustraction ! »
« Oui, répondirent les deux autres, Grosjoufflu, vous avez raison. »
Grâce à ce moyen de combattre, Qui dans le pays fait grand bruit, Sont élus, républicains : quatre, Et réactionnaires : huit.
« Vous voyez, dit-il, pour les nôtres, La fraude a quelquefois du bon. »
« Oh ! oui, répondent tous les autres, Grosjoufflu, vous avez raison. »
FlRMIX FOUKAIGNAN (1)