I. HTTMOUB
écrit a Vahbé d'O/icci: « Les Anglais ont un terme pour sigmfii t cette plaisanterie, ce vrai comique, cette gaité, rette urbanité, ces saillies qui échappent à l'homme sans qu'il •-■'</( i/oiitr et Ha reniient cette idée par h mot \xa knoar. » Trais ans plus tard (1765) les auteurs de /'En cyelopédde assimilent l'humour à peu près i> te que nous />"ii:ni<>n$ aujourd'hui la fumisterie, mystification, plaisanterie singulière, originale, énorme — mais ils le traitent i n vocable exotique. Ce sera h Président de. Brosses qui, h premier, demandera, dans son Traité de la formation mi'! hanique des langues, la naturalisation de ce mot qu'il déclare ne. pouvoir Produire par humeur. En vain, car, pour retrouver la trace de /'humour, il faut attendre jusqu'en 1799. Alors Mme de Staël imprime (1) : « ... La gatté produite par la combinaison de l'esprit et la gaité que les Anglais appellent humour n'ont presque aucun rapport l'un, avec Vautre. » On le voit, Mme de Staël reprend et m ' - niue la pensée d'Elliott. Elle poursuit : « La langue anglaise a créé le mot humour pour exprimer cette gaité qui est un< disposition du sang presque autant que de l'esprit... Il y a de la morosité, je dirais presque de la tristesst . dan.< cette gaité. Celui qui vous fait rirt n'éprouve pas le plaisir qu'il mus cause. » C'est, obstinément conservée, la to nui anglaise de l'humour. En 1831. Théophile Gautie; publii les Contes humoristiques qui suivent les Jeune France et tant étranges, — hoffmannesques. En 1840. la fortune du vocable qui nous occupe s'accust et son évolution se poursuit. J.-Ch. Cherbuliez, de Genève, définit « l'hum esprit original qui fait h charme de cer
lui donne un cachet fortement empreint d'individualisme ». Et, plus loin: « ... Chez les Allemand.--.
l'humour n'a plus celle légèreté vivi et piquante. Il pai
ticipi de l'idéalité qui domine leur esprit. II. quille sans
la réalité pour s'élever dans les nuages et l'on y
trouve souvent . plus profond mais bien moins di
clarté. t> A partir de 1850. remploi du mol et de la chose
ucnf fréquents. Aussi les défini/ion,- se multiplient
1 Dans son traité : T.n littérature ans, itérée rions ses rapports avec les institution' wciales.