LUGETE VENERES
On a trouvé sur la voie, près de Saint-Ger main, le cadavre mutilé de Catulle Mendès, victime du plus atroce des accidents de chemins de fer.
0 ma Muse badine Et parfois gourgandine, Mettons une sourdine, Un crêpe, à ton grelot...
Car la Parque tenace Qui toujours nous menace Unit tout le Parnasse En un vaste sanglot.
Le dernier Romantique L'impeccable critique, L'artisan fanatique Des belles rimes d'or.
Le divin Sagittaire, Le chantre de Cythère, Désormais sous la terre Pour l'éternité dort.
Après François Coppée, Pourquoi ce porte-épée De la noble Epopée Descend-il chez Adès?
Dans quel dessein servile, O Mort cruelle et vile Qui nous a pris Banville, Nous voles-tu Mendès?
Laissant l'apostasie Qui traite d'hérésie La pure poésie Baver quelques affronts,
dames seules, La Province s'amuse (avec Rodolphe Bringer), Le Train des maris, Le Théâtre en famille, Une Femme en prime, Fritz-la-Haine, Une Héroïne de 15 ans, Quand les Jeunes Filles sont couchées, etc. A consulter : Les Poètes libertins et Les Chansonniers gaillards (Louis-Michaud), etc.
CHOIX DE POÉSIES ffîl
Nous que l'espoir fol hante
De la rime galante
Et tintinnabulante,
Nous pleurons, nous pleurons !
Nous pleurons cette lyre Qui, jusqu'en son délire, Seule savait élire Paphos après Lesbos ;
Nous pleurons la belle âme Dont le talent proclame Par maint épithalame La gloire de Phoïbos,
Et, de mon mieux, fidèle A ce parfait modèle Je plante une asphodèle Sur le tertre du dieu...
J'orne d'une ramure La tombe qui l'emmure Et tout bas je murmure :
« Adieu, Catulle, adieu ! »
Bobèche (Léon Valbep.t).