‹ Les poètes illustrés du XIXe siècle [microforme]Chapitre 18 sur 121 · ISCHIA · texte numérisé non relu

ISCHIA

Le soleil va porter le jour à d'autres mondes ; Dans l'horizon désert Phébé monte sans bruit, Et jette, en pénétrant les ténèbres profondes, Un voile transparent sur le front de la nuit.

Voyez du haut des monts ses clartés ondoyantes Comme un fleuve de flamme inonder les coteaux, Dormir dans les vallons, ou glisser sur les pentes, On rejaillir au loin du sein brillant des eaux.

La douteuse lueur, dans l'ombre répandue, Teint du jour azuré la pâle obscurité,

Et fait nager au loin dans la vague étendue Les horizons baignés par sa mots clarté.

L'Océan, amoureux de ces rives tranquilles, Calme, en voyant leurs pieds, ses orageux transports, Et, pressant dans ses bras ces golfes et ces îles,

De son humide haleine en rafraîchit les bords.

Doux comme le soupir de l’enfant qui sommeille, Un son vague et plaintif se répand dans les airs : Est-ce un écho du ciel qui charme notre oreille ? Est-ce un soupir d'amour de la terre et des mers ?

Il s'élève, il retombe, il renaît, il expire, Comme un cœur oppressé d’un poids de volupté ; I1 semble qu’en ces nuits la nature respire,

Et se plaint comme nous de sa félicité.

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