LA FÊTE DU VILLAGE
ler mai 1786,
Le jour s’est écoulé comme fond dans la bouche
Un fruit délicieux sous la dent qui le touche,
Ne laissant après lui que parfum et saveur.
O mon Dieu ! qua la terre est pleine de bonheur ! Aujourd'hui premier mai, date où mon cœur s'arrête, Du hameau paternel c'était aussi la fête,
Et c’est aussi le jour où ma mère eut un fils ;
Son baiser m a sonné mes seize ans accomplis
Seize ans ! puissent longtemps ces doux anniversaires Sonner tant d2 vorheuar au ciocher de mes pères !
te dise aie Ent Re NS du et dns dd er dt er dé ; PR è RE de LAS ee à:
Que ce jour s’est levé serein sur le vallon !
Chaque toit sembla. vivre à son premier rayon, Chaque volet ouvert à l'aube près d’éclore
Semblait comme un ami solliciter l'aurore ;
On voyait la fumée, en colonnes d'azur,
De chaque humble foyer monter dans un ciel pur; Du pieux carillon les légères volées
Couraient en bondissant à travers les vallées ;
Les filles du village, à ce refrain juyeux, Entr'ouvraient leur fenêtre en se irottant les yeux, Se saluaient de loin du sourire ou du geste,
Et sur les hauts balcons penchant leur front modeste, Peignaient leurs longs cheveux qui pendaient en dehors, Comme des écheveaux dont on lisse les bords ;
Puis elles descendaient nu-pieds, demi-vêtues
De ces plis transparents qui collent aux statues,
Et cueillaient sur la haie ou dans l’étroit jardin L’œillet ou le lilas, tout baignés du matin;
Et les gouttes des fleurs, sur leurs seins découlées,
Y roulaient comme autant de perles défilées.
Tous les sentiers fleuris qui descendent des bois Ketentissaient de pas, de murmures, de voix;
On y voyait courir les blonds chapeaux de paille,
Et les corsets de pourpre enlacés à la taille.
Tous ces sentiers versaient d'heure en heure au hameau Les groupes variés confondus sous l’ormeau :
Là, les embrassements, les scènes de familles,
Les cheveux blancs touchant des fronts de jeunes filles, Des amis retrouvés, des souvenirs lointains,
Des hôtes entraînés aux rustiques festins,
Des vierges à genoux autour de la chapelle,
Et les groupes pieux que la cloche rappelle,
Leur chapelet en main et le front incliné,
Allant offrir à Dieu le jour qu’il a donné.