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—Faut-il sécher ces mers ? dit le nuage en feu. —Non !—Il reprit son vol sous le souffle de Dieu.
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Un golfe aux vertes collines
Se mirant dans le flot clair !— Des buflles, des javelines,
Et des chants joyeux dans l'air |— C'était la tente et la crèche,
La tribu qui chasse et pêche,
Qui vit libre, et dont la flèche Jouterait avec l'éclair.
Pour ces errantes familles Jamais l’air ne se corrompt.
Les enfans, les jeunes filles,
Les guerriers dansaient en rond, Autour d’un feu sur la grève, Que le vent courbe et relève, Pareils aux esprits qu’en rêve On voit tourner sur son front.
Les vierges au sein d’ébène,
Belles comme les beaux soirs, Riaient de se voir à peine,
Dans le cuivre des miroirs ; D'autres, joyeuses comme elles, Faisaient jaillir des mamelles
De leurs dociles chamelles
Un lait blanc sous leurs doigts noirs,
La nuée hésita un moment dans l’espace.
—T ce là ?—Nul ne sait qui lui 16pondis .—Prsse |
L'Egvote ! - Elle étalait, toute blonde d’épis, Ses champs bariolés comme un riche tapis, Plaines que des plaines prolongent ; L'eau vaste et troîïde au nord, au sud le ssble ardent Se disputent l'Egypte : elle rit cependant Æntre ces deux mers qui la rongent.
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Trois monts bâtis par l’homme au loin perçaient les cieux D'un triple angle de marbre, et dérobaient aux yeux Leurs bases de cendre inondées, Et de leur faîte aigu jusqu'aux sables dorés, Allaient s’élargissant leurs monstrueux degrés, Faits pour des pas de six coudées,
Un sphinx de granit rose, un dieu de marbre vert, Les gardaiïent, sans qu'il fû vent de flamme au désert Qui leur fit baisser la paupière.
Des vaisseaux au flanc large entraient dans un grand port. Une ville géante assise sur le bord, Baignait dans l’eau ses pieds de pierre :
On entendait mugir le semoun meurtrier, Et sous les caillo:2 plancs les écailles crier Sous le ventre des crocodiles.
Les obélisques gris s’élançaient d’un seul jet; Comme une peau de tigre, au couchant s’allongeait Le Nil jaune, tacheté d'îles.
L’astre-roi se coucbait. Calme, à l'abri du vent, La mer réfléchissait ce globe d’or vivant, Ce monde, âme et flambeau du nôtre ; Et dans le ciel rougeâtreet dans les flots vermeils, Comme deux rois amis, on voyait deux soleils Venir au-devant l’un de l’autre.
—Où faut-il s'arrêter ? dit la nuée encor.
—Cherche ! dit une voix dont trembla le Thabor.
Dn sable, puis du sable !
Le désert ! noir chaos Toujours inépuisable En monstres, en fléaux, Ici rien ne s'arrête.
Ces monts à jaune crête, Quand souffle la tempête, Roulent comme des flots !