‹ Les Poètes-misèresChapitre 17 sur 47 · LE SUBLIME (D · texte numérisé non relu

LE SUBLIME (D

Ode

Toi qui, t' enveloppant des ombres de la Terre, N'as suivi qu'un sentier frayé par le vulgaire. Le temps jamais pour toi s'arrête-t-il d'un pas? Laisses-tu dans le monde une immortelle trace Non ! Ta légère empreinte... une haleine l'efiace, Et rien ne reste où tu passas.

Dans les âges futurs toi qui vivrais, peut-être, Laisseras-tu la tombe enfermer tout ton être ? N'oseras-tu penser? l'aut-il qu'un joug de fer, Appesanti sur toi, rétrécisse ton âme ? Vois cet éclair brillant, son invincible flamme, Libre, jaillit au sein de l'air.

En imprimant tes pas loin des routes tracées. Dans un immense espace égare tes pensées ; Le laurier croît encore, et ton siècle l'attend. Combats contre l'oubli, que ta Gloire le brave : Un seul mot quelquefois rend l'avenir esclave, Mais un mot sublime et brûlant.

(1) Les vers d'Elisa Mercœur manquent de ^Taie personnalité, mais ils sont d'une inspiration aisée et souvent élevée.

Bibliographie : Recueil de Poésies, Nantes, 1827. — Œuvres complètes, Paris, 1843, in-8, 3 vol. Outre les poésies, on trouve dans cette édition la tragédie en 5 actes et en vers: Boabdil, roi de Grenade, d'après le Gonzalve de Florian. Lue au Théâtre-Français le 3 mai 1831, elle fut acceptée par le comité mais refusée par le baron Taylor, administrateur de la Comédie.)

Consulter : Mémoires et notices sur la vie d'Elisa Mercœur (par sa mère) en tête des Œuvres complètes, Paris 1843. — H. Lucas : Portraits et souvenirs littéraires Paris 18!)0 — JULES Claretie: Elisa Mercœur, etc Paris, 1864. — Georges Viau et Dominique Caillé : Blisa Mercœur, Paris 1889. — Levot : Biographie bretonne. — Cte DE Saixt-Jeas (Mme A. Riom) Femmes-poètes bretonnes, Nantes, 1892.

Page 1