ALBERT GLATIGNY
Mes appas que recouvre un chiffon de velours ; A l'immobilité, calme, je m'habitue ; Mes yeux, comme les yeux mornes d'une statue. Ont des regards pesants et lourds !
Je trôné sur les cœurs, moi dont le cœur est vide ; L'écheveau de mes jours lentement se dévide Et je ne veux savoir rien, jamais rien, sinon Qu'on ne peut égaler ma beauté sidérale, Et qu'avec mes cheveux, blonde et fauve spirale, J'embraserais le Parthénon !
Ce qui soulève seul ma gorge régulière, C'est l'air que je respire, et comme on voit le lierre Couvrir le marbre froid de ses plis tortueux. Sans que je fasse rien, la pourpre éblouissante Se drape, d'elle-même, heureuse et frémissante. Près de mon corps voluptueux.
Regardez, ivie d'or, tomber ma chevelure, Aux parfums énervants, sur ma riche encolure ; Je ne daigne rien voir avec mes yeux divins. Qui, sous mes noirs sourcils, ont un éclat farouche, Et même les baisers ne froissent pas ma bouche, Qu'arrose la rougeur des vins.
Pour activer en vous l'aiguillon qui fustige Les désirs efi'rénés et donne le vertige, Je n'ai parlé jamais, jamais je n'ai chanté, Comme la Pandémie, une ode provoquante, ^ar tes cris, tes fureurs pâlissent, à Bacchante.' Devant la muette Beauté !
z^/'/ hvmvp à rimmnhillf.é. à la beauté impassible et muette, n'est-ce pas la profession de foi d'un poète d^i Parnasse? — Et ces vers encore :
Mais, pour dompter les sens, j'ai l'étrange mystère
De la ligne et du rythme égal que rien n'altère :
J'ai mes deux bras croisés qui s'ouvrent quand je veux