‹ Les Poètes-misèresChapitre 5 sur 47 · IMITÉE DE PLUSIEURS PSALTMES · texte numérisé non relu

IMITÉE DE PLUSIEURS PSALTMES

Faite 'par Gilbert, huit jours avant so mort.

J'ai révélé mon cœur au Dieu de l'innocence ;

Il a vu mes pleurs pénitents ; Il guérit mes remords, il m'arme de constance.

Les malheureux sont ses enfants.

Mes ennemis riant, ont dit dans leur colère :

Qu'il meure et sa gloire avec lui !

Mais à mon cœur calmé, le Seigneur dit en père :

Leur haine sera ton appui.

A tes plus chers amis, ils ont prêté leur rage ;

Tout trompe la simplicité :

Celui que tu nourris court vendre ton ir^age

Noire de sa méchanceté.

Mais Dieu t'entend gémir. Dieu vers qui te ramène

Un vrai remords né des douleurs : Dieu qui pardonne enfin à la nature humaine

D'être faible dans les malheurs.

J'éveillerai pour toi la pitié, la justice

De l'incorruptible avenir ; Eux-mêmes épureront, par leur long artifice,

Ton honneur qu'ils pensent ternir.

Soyez béni, mon Dieu ! vous qui daignez me rendre

L'innocence et son noble orgueil ; Vous qui, pour protéger le repos de ma cendre,

Veillerez près de mon cercueil !

Au banquet de la vie, infortuné convive.

J'apparus un jour, et je meurs :

Je meurs, et sur la tombe, où lentement j'arrive,

Nul ne viendra verser des pleurs.

Salut, champs que j'aimais, et vous, douce verdure,

Et vous, riant exil des bois !

Ciel, pavillon de l'homme, admirable nature,

Salut pour la dernière fois !

Ah ! puissent voir longtemps votre beauté sacrée

Tant d'amis sourds à mes adieux !

Qu'ils meurent pleins de jours, que leur mort soit pleurée !

Qu'un ami leur ferme les yeux !

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