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Лр froid comme au zéphir; Une mière bleue étreint d'un nœud qui tremble La base de9 rochers, bruit» ondule, et semble
Un serpent de sapliin
N'est-ce pas un château dominant les rallées, Hérissé de donjons et de tours crénelées ?
Ou ne serait-ce pas, sur ces gradins géants, Le roi terrible et fier qui commande céans?
Les nuages lui font une cotte de maille.
Suspendant à son sein écaille sur écaille;
Son front est couronni de monitrueux roctierâ. Bandeau de rbee alffue plus grands que des clochers , Aiguille's dont le jet fait honte aux plus hauts imites t.*. C'est toi, sombre Beschtou4 toi, cobstfe aux cinq têtes. Le roi de la montagne et ГаШе des deux, Qui me montres ainsi tes crânes spacieux 1
C'est ici» sur ces monts que vient planer Textase!
Humains » combien je vous plains tous 1^
Ici, je suis plus grand que vous De toute la hauteur immense du Caucase !
Je réveille à mon gré les siècles endormis, Dont les cortèges fantastiques, Sortant des voûtes granitiques.
Viennent me saluer comme de vieux amis !
rochers! qui de vous enchaîna Prométhée,
Alors que bravant lee enfers
Il livrait ses deux bras aux feM, Laissant mordn ad vautour la cbair enianglantée?
Saluf, sublime amant de notre humanité!
A toi la torture éternelle !
Mais ta convulsive prunelle Plonge toujours aux cieux son regard indompté !
Mais au levant s'abaisse un rideau de nuées
Rosesi pourpres, lilas, doucement remuées ;
A travers ces vapeurs le monde des esprits
Se déroule soudain devant mes yeux surpris ;
« Ce sont des monuments construits par les génies
En perles et rubis, des cités infinies,
De grands palais faits d'ambre, étrangement ornéa
D'arabesques sans fin, aux reflets satinés,
Si blancs qu'on croirait voir un filet de dentelles ;
ÎPuis ce sont des dieux d'or ou des idoles telles
Que pour les enfanter l'Egypte eût mis cent ans ;
Des sphinx bariolés de signes éclatants;
De gros blocs de cristal posés en pyramide
Et des bois de plamiers tous d'un cristal humide. ••
Puis ces divers éclats, €QS lueurs, ces reflets. Ces monuments sans nom, ces jardins, ces palais, Détruits ou démolis par mille mains bâtives, S'évaporent, formant d'étranges perspectives.
Te voici saint Elbrouss! — Tel que ce cheval gris Qui doit porter la mort aux peuples ahuris
Tu dresses ta crinière blanche !
Ton front de neige au loin perce le firmament ! Nul n'atteignit ta selle, et tes pieds fréquemment D'un bond lancent une avalanche!
L'Océan, où l'on vît le monde s'engloutir , — Le déluge de Dieu, — « ne put t'anéantirl
Gomme un superbe mausolée Sur oe désert mouf ant, sur ees gouffres ouverts, Sur cette immense tombe, dû roula Tunlvers,
Blanchissait ta ctme Isolée!
Ta cime à l'arche sainte offrit un premier port, Aux derniers des vivants tu lervis de support
Et fus à toi seul tout un monde!
Car tandis que les eaux baissaient sous tes talus, L'ararat, qui plus tard accueillit les élus.
Cachait encpr soq front dans l'onde.
Puis, lin autre déluge inonda tes vallons
Et jusque sur tes pics troubla tes nids d'aiglons',
Déluge de peuples sans nombre, Flots d'hommes qui suivaient les pas de Tamerlan, Bouillonnant nous le4 pieds du vainqueur insolei)!
Partout où paraissait sQn ombre.
о souvenirs puissants ! 6 rêves merveilleux ! Venez humilier les humains orgueilleux
De leurs rumeurs accoutumées , De leurs vulgaires soins, de leurs vains passe«temps ! Ou plutôt, taisez-vous! la langue des Titans
N'est pas comprise des pygmées !
€h»n0an €àvtwt.
— ma. —
C'est un vieux Ghan morose
Dans son harem fleuri
Qui hume^ ô jeune rose,
Sur ta bouche mi-clôse
Ton souffle de hourî.
Les jasmins du boenge IL 2S
Voilent un тепой noiri
On dirait à te roir
Un oiseau dans sa cage!
A l'ombre du platane, Près d*an Jet murmurant L'indolente sultane Se plonge diaphane Dans le flot transparent, Sa tresse qui surnage Semble un ruisseau d'argent.,.
Oh! sort décourageant L'oiseau rentre en sa cage !
La fleur de la grenadey Les rameaux du cyprès »
Qui sous la colonnade Ombrent la promenade.
Pâlissent vus de près, Devant ces noirs cheveux...
Soudain un bras nerveux Ferme à Toiseau sa cage !
О pauvre jeune fille !
Qel ennui, quel tourment !
Appuyée à ta grille Ton œil de flamme brille, Tu rêves d'un amant.
Tu pleures le rivage Où naquirent tes jours! .
Car tu seras toujours Un oiseau dans sa cage !
^m0uv et а^лгт.
Quand brille autour de toi le bal étourdissant, Où luit, terne et glacé, quelque plaisir vulgaire , Où des sots cousus d'or et des fats t'encensant, Roulent leur nullité qu'ils ne déguisent guère. Alors, t'en souviens-tu? quelqu'un d'un œil hautain Te suit dans cette foule ainsi que ton destin ;
Alan» flombre ou joyeux, ton maître ou ton esclare. Froid serpent ou ramier, bon ange ou noir démon , Frémiseant, attentif au seul bruit de ton nom , Infisible, il roit tout, et t'adore ou te Ьгате.
Ah ! si, doux et narré de tendresse, ton cœur Ne Teut que son ami ; si du cœur tu l'appelles Lui sera là toujours. A son accent yainqueur Les songes de TEden te prendront sur leurs ailes ; Charmants, Us bercer<mt ton sommeil jusqu'au jour* L'unirers, ton ami, te l'emplira d'amour; Penché sur ton cheyet« comme un dieu d'harmonie « En bandeau de rubis, sous la pourpre de feu , Dans des palais d'iris, qu'illumine un ciel bleu Ilt'apparaitra*.. roi d'une sphère infinie.
~ ts» —
Puissant, myiténeuxy atitl il t'apparaUta»
Il te dévoilera les ténèbres des àges^
Te montrant ce chaos si sombre ou ГЬощше erra
De sophisme en chimère/ et d'idole en faux sage^;
Ce gouffre 9 où disparaît empire et nation
Dans les griffes d'airain de la destruction ;
A son commandement la mer, t'ouvrant ses ondes^
Te dira les secrets de ses bois de coraux,
Et les gnomes, giarda^t Us n^onts aux minéraux,
Т'оШгоп1 les.uieors là&^9» 9^ 4e пецх monilçs.
seo —
Il saura te ravir aux jardins éthérés Où Tamour pur et vif, loin des terrestres fanges. Ne flétrit plus les cœurs;où les astres dorés. Ces roses de là-haut, étalent des nids d'anges ; Là toute âme ayant fui les rê?es du néant Se baigne au lac de vie, éternel océan!...
Mais si, vendue au monde, à sa tourbe banale, Tu ne comprenais point ma haute passion, Situ me repoussais... Âhl malédiction !••• Elle t'écraserait ma magie infernale !
Alors j'engourdirai ton esprit, ta beauté, Au contact vénéneux de ma froide ironie,
Comme l'ange du mal, marchant à ton côté.
Près de ceux qui t'auront adulée ou bénie ;
Je plongerai sur toi mon calcinant regard
Qui percera ton âme, y fouillant comme un dard.
Dormante, tu verras mon fou rire effroyable
Flamboyer sur ta tête en jets étincelants ;
Mes doigts de plomb, crispant ta poitrine et tes flancs,
Congèleront à mort ton cœur impitoyable.
Si ton rêve t'entraîne au désert, j'y serai ; De mes anneaux de feu, moi, vipère incisive, J'enlacerai ton cœur, et je distillerai Dans ton sein haletant une flamme lascive ;
Je humerai ton souffle avec ténacité,
Et je te soufflerai toute ma volupté.
Hais tes désirs en vain se rùront sur ton ànie..«
C'est mon tourment jaloux, c*e$t mon amour poignant^
C'est l'enfer de mes maux, où bout mon cœur saignant.
Qui seuls, â ton réveil, te foudroiront, 6 femme 1
itff Шсих Qinç^t0^
Je sais uq an^e; а1оз1 qu'à 1д bvm c[ui vote
Une fleur printanaière avec sérénité
Sous les 1агщез de l'aube entr'ouvrç sa corolle ;
Cet ange resplendit en sa pure beauté,
Gomme un soleil de mai qui plane au ciel en fête,
Les rayow de rËdeq illuminent sa tét« ;
La candeur de Tesprit luit, di?ine, en ses yeux. Et de son clair regard s'épanche sur sa joue; A l'entour de sa bouche, aux sons mélodieux, " Gomme aux plis de la rose un rayon d*or des cieux, Un immortel amour se reflète et se joue.
Sous ses ailes de lis qui, molles, frappent Tair, Les sphères par milliers se meuvent dans Téther, Chantant leur créateur et joyeuses de vivre.
Que le bruit du ruisseau, le son dont nous enivre Le rossignol nocturne en ses tendres ébats, Gomme un flot de nectar s'infiltrent dans notre âme, G'est range qui nous suit et nous parle tout bas. Que l'haleine des fleurs nous verse son dictame, Que nous nous fascinions aux lèvres d'une femme , Puissamment attirés par leur souffle aimanté ; G'est l'ange qui répand son parfum dilaté.
Lorsqu'un front virginal s'enflamme et se colore Au baiser allumant une peau de satin , C'est le reflet de feu de ce bel ange encore Qui remontant de Tàme en pudeur vient éclore.
— ses —
La voix de notre cœur dane ce monde incertain, C'est cet ange toujours ; c'est lui qui point et perce En Tattrait d'un regard ; c'est lui dont la main berce Le sommeil des enfants, pur comme un frais matin.
Lui, messager du ciel, sur l'ombre de la terre
Projette les lueurs du soleil-vérité,
Conseille la pitié, le pardon salutaire,
Et pour les jeunes cœurs, que nul souffle n'altère,
Transforme l'univers en festin enchanté.
Il verse à l'amitié son baume sans mélange, Il fait jaillir des yeiix, qui ne peuvent pleurer, Ces larmes où les maux semblent s'évaporer.
Aux grilles d'un cachot l'auréole de l'ange S'épanouit ainsi qu'un astre de salut.
C'est lui qui dans un sein que la douleur élût,
Que la sbuffirtuce épuise en y plongMnl M lime. Jette, consolateur, la manne qui ranime.
Quand rinspiré divin, aveugle lumineux, Chantait Téclat premier, la majesté de l'homme Et la félicité, que nul mortel ne nomme, Des deux cœurs primitifs dont Dieu scella les nœuds ; Oh! n'est-ce pas toujours cet ange de lumière Quiy déchirant la nue où la chute les prit.
Montrait, éblouissant, à Tœil de son esprit, Et le premier soleil et la terre première.
Ce même ange jadis sur ma jeudense aussi^ Vouée à la nature fît vierge dé souci.
Semait de fraîches fleurs quç rien n'avait ternies; Il dorait mes hochets, enfant, me bénissant ; Et portait à mon cœur, dans l'âge adolescent, L'universel écho dçs saintes harmonies.
Or, je sais un autre ange : îl est superbe à voir, Comme une nuît d'orage éclatant au cîel noîr; De son œil ténébreux jaillît une étincelle, Semblable au dard qu'aiguise un serpent qu^n harcèle; Gomme une aube sanglante, aux reflets îiébuleuX, Luit sa bouche où Tennui suprême se décèle ; Des épines de feu sùf son front orgueilleux Contournent en bandeau leurs éclairs anguleux, Et de mornes pensers, sans limite et sans nombre , Sur sa face de neige étendent leur grande ombre.
Il contemple, évoquant son sourire fatal, Le Bien sacré tordu dans les griffes du Mal ;
Sur rhumaine grandeur soa froid mépris retombe »
Elle n'est à ses yeux que cendre et тег de tombe ;
Il rive au pilori le plus noble renom.
A ceux qui chercheraient l'écho de la victoire.
Il montre le carcan mis à Napoléon.
Devant ceux qui rendraient à leur sol vie et gloire,
Il mêle le breuvage offert à Phocion.
 ceux dont le cœur pur d'un pur amour s'inonde,
Il dît complaisamment l'histoire de Joconde.
Si quelqu'un rêve un sort plein de beaux jours fleuris,
Comme ceux que coulait l'indolent Smindiris,
Lui, voyant le duvet des roses qu'on amasse,
Dresse sur cette couche un crâne qui grimace*
Dans sa coupe bouillonne un miel plein de poison, Le filtre d'un orgueil tout gonflé de bassesse, L'océan des douleurs qui n'ont pas d'horizon. Le volcan d'une haine où tout flambe sans cesse.
Pour se renier d'un frère, îl remet un stylet
Au frère que jadis nourrit le même lait.
Il brise l'idéal d'une existence entière»
Et le couYre, en riant, de boue et de poussière.
Tempête générale, orage universel, Son souffle meurtrier ébranle terre et ciel.
Tantôt, roi révolté des sphères inconnues, Il lance de son âme, en torrents vénréneux, Sur tout ce qui respire aux cieux et sous les nues, Depuis Dieu jusqu'à lui^ Tanathême haineux; Tantôt, laissant chanter sa langueur éternelle, Tel qu'un luth merveilleux qu'on n'a pas entendu, Tel qu'un cygne exhalant sa chanson solennelle. Il pleure les regrets du paradis perdu.
C'est alors qu'il épand, comme une urne remplie,
L'intarissable flot de sa mélancolie
Sur tous les flrmainents et tout notre univers; Alors le cœur se ferme à tout Touloir pervers , Et d'inconnus regrets, dévoilant leurs mystères, Expriment de nos cils des pleurs involontaires ; Alors il semblerait que Téternel courroux Fait trembler la pensée et ployer Jes genoux, Et qu'on rêve la paix entre les deux principes Qui sur le front du globe ont imprimé leurs types«
Quand l'extase emportait le chantre colossal Dont le sombre génie, errant de cîme en cîme. Mesurait en son vol l'espace de l'abîme ; Quand il jetait ses chants au monde son vassal ; Lorsque sur les tombeaux des sphères trépassées Il comptait, gravissant leurs couches entassées. Les échelons dont Dieu forme Téternité ; Ah ! n'est-ce pas cet ange aux lugubres pensées Qui planait, orageux, près de l'aigle irrité? N'est-ce pas son rayon de foudre et de tempête Qui^ parlant à Gain, enflamnlait le poète? — *
Depuis le jour sinistre, où mon esprit brumeux T accueillit comme un hôtCt oh ! Tange effroi des anges! J'entends bruire en moi, tel qu'un flot écumeux, Je ne sais quels accents durs, sauvages, étranges ; Les larmes depuis lors gelèrent dans mon sein; Je vais versant sur tout une ironie intense, Et foule, quelque soit l'horizon qui m'enceint, Toute rose aux jardins de l'humaine existence.