LAMI
Chimère , illusion , rêves que tout cela ! * Non, cette vie, enfant, qai t'aime et te caresse , Tu ne saurais deux fois la prendre pour maifresee. Attachons-nous-y bien, choyons-la, fétons-la; Le présent est à nous ; lui seul. Aussi je n'aime Que ce qui m'appartient ; ce qu'on peut chaque jour Boire de Tolûptés dans la coupe d*amour« Certes , lorsque nos ycùx tournent sous un front blême Tout est dit; pe qui vient après n'est plus à nous» Or, si devant notre ombr^ on se met à genoux, Si l'on fait dti tombeau surgir notre squelette , . Si sur noe os poudreux l'imagination
Repeiat soigneusement au gré de sa palette Un visage- embelli par la carnation , Et si Ton nomme enfin ce fantôme la gloire , Que nous en reyient-il?...
U MlTL
Oh ! ne blasphème pas l Ne flétris point ce mot 1 je suis heureux de croire Qu'un jour on me тегга survivre à mon trépas* Oui, cette idée est bien mon phare et ma boussole ^ Cette espérance , ami , m'enivre et me сошо1е« Oui , c'est bonheur^ vois-tu » de penser à part soi , « U restera pourtant quelque chose après mol ! » Il se peut que mes chants de douleur ou de joie » Me rappellent à ceux qui m^nt connu jadis; » Qu'un vers puissadt , un vers que le ciel nous envoie, » Trouble votre sommeil, jeunes hommes hardis 1 •
Et peut-être un vieillard , en dépit de son âge ,
Réchauffé par mon âmQ errante en щоп ouvrage ,
Touché par ce travail grand , consciencieux ;
Dira-t-il doucement en s'essuyant les yeux :
« J'aime à h're son œuvre , elle est forte ^ elle est belle ^
» Son idée a du poids , sa parole est de feu ,
ъ La fantaisie au loin les porte sur son aile...
• Gomme il connut la vie ! et comme il vécut peu ! »
Le sort réalisa l'oracle du poète , Bientôt il dit au monde un éternel adieu ; Et Tami vint pleurer sur sa tombe muette.
Gomme il connut la vie ! et comme il vécut peu !
GRIBOIEDOF.
nrntou.
Je ne sais pas
Où vont mes pas !
Suis-je rivante ou suis-je morte?
Loin des beaux cieux
De mes aïeux , Quel est le souffle qui m'emportei^
J'avais jadis
Un paradis Où, du couchant jusqu'à Гаигоуе,
Je m'envolais
Où je voulais , Reprdant des soleils éclore.
Quel changement !
Dans ce moment Je rampe esclave sur la terre ,
Ce monde étroit
Où j'ai si froid, Où je me traîne solitaire !
Ames , mes sœurs , .
Célestes chœurs ,
Je vous cherche en vain , mes compagnes f
Est-ce un sommeil ?
Est-ce un réveil?
Ne verrai-je plus vos campagnes?
Oh! non, un jour
Pour le retour , Libre je réouvrirai mes ailes ,
Je revivrai ,
Revolerai Vers vos demeures éternelles.
BARON DELVIG.
XIX" 8IÈGLE.
Mon fiancé, je viens à toi »
Élu de ШОП cœur ) sauve moi !
Cette nuit froide et sans lumière Est la troisième et la dernière Où j'arrive oubliant ma peur, Telle qu'une blanche vapeur
Pour t'apparaître dans un songe.
Ce que je dis n'est pas mensonge.
Ohl sauve-moi 9 mon fiancé Г
J'aî fui Tennemi courroucé ,
Les dents du loup ne m'ont broyée ,
Ni la Volga ne m\ noyée,
Et le lutin connu des bois
Aux pieds velus , à Tœil sournois ,
Qui n'aime pas la fille sage ,
N'a point paru sur mon passage.
Mais la sorcière, au3( cbeteux grie > Â la peau jaune ^ ^шх 4oigts maigris , L'épouvante de ia contrée, pans la forêt m'a renomtrée»
La maudite, enviant taujottes Ma beauté fraîche €t p№s шжыошв ,
Hélas ! sur moi prisa à вод j^ég/d i Commit un mécfaaat sortilège*
Ohl sauve moi, mon &шее1 Écoute ce Нте мп»е»
Car cette nuit est la darniéi!^ Où tu peux ouïr ma parière; Pour me rendre ma liberté i Dès que le coq адага ehanbi , Dès que poindra l'aubf rosée ^ Lève-toi , prends de la rosée#
Fais-*là pouvoir entre Uê doigts Sur ta figure ; avec ta proîx Vas en priant vers le rivage Et passe le fleuve A la nage.
Sur l'autre bord, près du sentier, Croit et fleurit un églantier $
Tn te verrae porté par Tonde Vers cette plante rose et blonde.
Arrète-toi eur le sentier »
Car ШОП âme est dans Téglantier, Mon amour dans ses fleurs si fines , Et mon chagrin dans les épines ; Les perles qui tremblent aux fleurs Sont toutes faites de mes pleurs, Cueille les perles et la plante > Et tu reverras ton amante.
— Oh! non! ohl non! hélas! hélas!
A ce rêve je ne crois pas.
Ce que j'ai vu n'est qu'un vain songe , Ce qu'il m'a dit n'est que mensonge.
Ce n'est point l'eau qu'il faut passer , Il faut pleurer et trépasser.
Nul ne me rendra ma colombe Et notre nid sera la tombe.
La Volga n'a eur les deux bords Que noirs buissons et qu'arbres morts , Les eaux rapides sont baidées De bleus glaçons de cinq coudées , Les champs blanchis sont flagellés Par la neige» aux flocons gelés » Et de partout une âpre brise Mugit dans la tourmente grise.
JASYKOF.
XIX" SIÈCLE
ic0 €hàni0 Ьп ^лглпп^
Point de biuit de chevaux, point de coups meurtriers Dans la vallée où l'œil à Thorizon s'égare.
Sur les bords du Danube, aux flammes des foyers Sont couchés les vainqueurs du grand peuple bolgare, Et, reflétant les feux, les armes, les guerriers, De changeantes lueurs le fleuve se bigarre.
Dans le sang le fer russe encor ne plonge pas. Mais sur ces mâles fronts un luth chante et soupire; Un jeune homme émerveille et suspend à^ses pas Les vaillants compagnons que son cantique inspire. Il est leur frère alors qu'ils marchent au trépas , Leur roi quand Tatt divin led plie à son empire.
Le beau Baïann redit la gloire des aïeux ,
Leurs sublimes exploits et leurs mœurs héroïques;
Et leurs poignets puissants qui jamais sous les deux
Ne se virent flétris par des chaînes iniques,
Et les chocs foudroyants, et les ébats joyeux
Des chars cl des coursiers, des glaives et des piques.
Les troupes et les chefs se plaisent à ciç chant Autant qu'aux sons aimée du bouclier loaorei
Leurs regards flamboyants vont du nord au couchant, Leurs regards flamboyants vont du sud à l'aurore ; Leur pensée erre au loin, et fière, va cherchant La trace des héros que leur mémoire honore.
Elle les porte aux lieux où de sanglants festins Forçaient du sombre Oleg le rire tumulaire \ Où la hache d'Igor, triomphant des destiûs Taillait pour les Slavons un renom sécukire \ Où sous leurs coups tonnants les altiers Bysantins Fuyaient, tremblant d'effroi^ de honte et de colère.
Le rapsode se talt^ mais on l'écoute encor ; Ainsi quand le soleil, jetant sa robe d'or, S'est plongé tout entier dans les ondes marines ,, Le nocher suit des yeux les brumes purpurines Qui colorent le ciel de leurs réseaux flottants ; Ainsi Tamant se plait à se tourner longtemps Vers Tarbre où son baiser quitta celle qu'il aime. — La lune à l'horizon revêt son diadème, Le Danube orageux calme ses larges flots Murmurant doucement autour des verts îlots, Et le bois plus obscur, comme un nuage sombre, Sur le fleuve endormi projette sa grande ombre.
OHANT DU BAIANN.
La flèche vole dans la nuit !
A Svîatoslaf le repos pèse ; Il veut la guerre, son œil luit , C'est un faucon que rien n'appaise.
La flèche vole dans la nuit , A Sviatoslaf le repos pèse.
Jean Gimiscin» ton bouclier
N'est-il pas d'un airain fragile?
Notre prince pour le plier N'a qu'à fermer son poing agile.
Jean Gimiscin, ton bouclier N'est-il pas d'un шцщ fragile ?
Empereur, tes armures d'or Sont-elles fortement trempées?
Sviatoslaf n'a pas de trésor, Mais son bras seul vaut mille épées.
Empereur, tes armures d'or Sont-elles fortement trempées P
Donne à ceux qui nous combattront Des coursiers vifs et forts d'haleine, Ou bien nos glaives les tueront Sur la montagne et dans la plaine.
Donne à ceux qui nous combattront Des coursiers fifs et fortS 4'haleine.
Tes rangs sont pleins, les nôtres non ; Mais nous, ô Grec! sommes les Slaves!
Sais-tu bien ce que vaut ce nom ?
Connais-tu bien ceux que tu braves?
Tes rangs sont pleins, les nôtres non ; Mais nous, ô Grec ! sommes les Slaves !
Gomme une flèche vole, 5 nuit !
Champs ouvrez-vous à la victoire !
C'est Sviatoslaf qui nous conduit!
Réveillez-vous carnage et gloire!
Comme une flèche vole, ô nuit!
Champs ouvrez-vous à la victoire !
— ISO —
Maia quel est le Baïann insensible à Tamour ?
Quel poète jamais n'allia tour-à-tour^
Quand le Dieu d'harmonie à son cœur se révèle ,
À rhymne des combats la patrie et la belle !
Un double amour bouillonne au sein de l'inspiré,
La guerre et la beauté. Tel le fleuve azuré,
Le superbe Danube , argenté par la lune.
Brille mieux en fondant ses deux ondes dans une.
OHANT DU BAIARN.
Les guerriers montent à cheval, Une vierge morne, éplorée, Etreint son Baïann sans rival, Tremble, et des larmes de cristal Parsèment sa tresse dorée.
• Adieu vierge, amour de mes yeux.
Adieu belle âme éblouissante, Garde-moi ton cœur précieux, Prie, enfant, car toujours aux cieux Monte la prière innocente. »
с Tu m'attachas ce bouclier ; Jamais une main ennemie N'osera me le délier»
Ni le fer briser ou souiller L'acier touché par mon amie, t
t Nulle beauté n'altérera L'éclat de mon amour fidèle, Jamais, mon âme le jura,
Ton poète ne t'oubliera
Adieu, le clairon nous appelle, i
Ils se quittent. On voit blêmir Sous la poussière de ces braves , Le champ que leur poids fait gémir.
Bords du Danube, assez dormir !
Grecs ! assez attendre les Slaves !
L'aube paraiti et les combats Ont éclaté dans la vallée ; Clameurs ! sang I carnage et trépas !
Grecs f vous ne reverrez pas ^ Votre Byzance désolée!
Les chars heurtent de front les chars ; Les traits pleurent comme une grêle; La massue écrasant les dards, Les casques et les étendards En éclate volent pêle-mdle.
Glaives, haches et javelots S'entrechoquent dans ia cohue, Morts et blessés tombent par flots , Les chevaux mordent les chevaux^ L'homme contre Thomme se rue.
О grecs, où sont vos bataillons?
La défaite a tendu les aîles.
A travers l'onde et les sillons,
Voyez ces bandes de lions
Fuir comme un troupeau de gazelles.
Pour eux plus de guerre en ces lieux.
Que l'opprobre soit leur supplice!
Trempé dans leur sang orgueilleux Notre glaive victorieux Dans le fourreau promptement glisse.
Et le Baïann, comme un beau chœur,
A fait chanter la renommée.
Il rapporte à son bras vainqueur,
Intact comme son noble cœur.
Le bouclier de son aimée.
On s'en revient au sol natal.
Le Baïann étreint sa maîtresse.
Elle, son beau front virginal Rayonne, et despleurs de cristal Reluisent sur sa blonde tresse.
JAKOUBOVITSCH.
Ur SltGU.
ii €Ыт Ьс pétcKhof \
— о vieillard des forêts, à la haute encolure! Confident des vieux bois où le Scalde chanta^ Toi qui roules dans Tair ta verte chevelure Comme un mât de vaisseau déployant sa voilure, Dis-moi, ^and chêne, dis, quel siècle t'enfanta ?
* Péterhof e$t un chftteau de plaisance, construit sous Pierre-le-Orandf aux bords du golfe de Finlande, dans un endroit, qui, h cette époque, était couvert de bçh et de marais»
Te eouviens-tii des temps lointains où sous ton ombre Fumaient sur les autels la victime et Tencens, Où résonnait la voix de quelque augure sombre , Où les foudres du ciel t'accablaient de leur nombre, Où tu couronnais rois des poètes puissants?
— Né dans les bois profonds , sur Геаи des marécages, Je n'ai pas vu d'augure et n'ai pas eu d'autel ; Je n'ai jamais compté ^s assauts des orages, Et, longtemps ignoré dans ces obscurs parages, Je n'ai poijit çpurQnné ^e poète ^mp^orteb
Mais sur ma cîme vierge un bel aigle naguère Envoyait son bruit d'aîle à l'écho murmurant; Puis, sur l'herbe où jadis dormait une eau vulgaire, Après ses (Jyrs tr?ivanx de paix сотще de guerre^ A mes pieds reposait, pensif, Pierre-le-Grand.
в, TODMANSKI,
mrsitou.
(3^mt iCtt l0tt0cattt и S^ivànbmc^.
Le sable, puis la mer, partout et constamment.
Chose pénible à voir ! étrange accouplement !
La mort alliée à la vie !
L'éternelle rumeur, le silence éternel!
Oh! combien ce tableau doublement solennel
A de graves pensers convie !
Gomme un cadavre au loin le sable est étendu ; Rien ne Témeut. En vaip, palpitant, éperdu,
Le flot le caresse ou le ronge ; En vain Tonde l'agace , étalant devant lui La robe d'émeraude où le soleil a lui,
Toujours SOD sommeil se prolonge.
Ni les chants de la mer, ni la vague en fureur. Ni les baisers des flots, ni la sublime horreur
Des tempêtes sans frein ni borne , Où toute Геаи des mers se déchaîne à la fois, N'ont pu faire parler ce colosse sans voix,
Cette masse immobile et morne.
C'est qu'elle est le tombeau d'un mystère prQfond j C'est qu'un secret de Dieu fut scellé dans le fond
De ce sable où Геаи se balance!
Contre l'ordre dîvîn se brise tout effort !
Ce qui tient de la mort toujours restera mort,
Muet, ce qui tient du silence !
Ainsi les flots pressés des générations S'obstinent à sonder, au vent des passions.
Les tombes où meurt leur souffrance.
Mais le mot du néant , oh î nul ne Га surpris! Tant mieux I qui le tiendrait voudrait, certe à tout prix,
Ravoir son heureuse ignorance !
Oui, laissons l'avenir taire son mot amer.
Et laissons le présent chanter comme la mer f
Епсог 1а тег, епсог le sable!
Pour qui s'y baigne, un jour d'été, Cette plage est inépuisable En délices comme en beauté.
La vague le berce ou l'enlève.
Il a pour promener son rêve, Sous lui la tiède et molle grève, Et devant lui l'immensité!
Oh! par une de ces soirées Où de longues paillettes d'or Couvrent les ondes empourprées Dont le flux doucement s'endort ;
Quand le vent se joue et badine , Dû fond des eaux, à la sourdine, Ici Ton voit sortir Tondine, L'ondine de la mer du Nord.
Quittant ses domaines de Tonde, Ses palais d'ambre et de corail, Elle montre une tête blonde Puis un col 'qui semble d'émail, Puis son sein qui bat la marée, Plus blanc que l'écume nacrée ; Et sa longue tresse dorée S'ouvre comme un large éventail.
Elle nage d'un bras avide «
Avide et gaie elle boit l'air.
Ses deux mains lancent dans le vide
Les étincelles du flot clair.
Qui, pauvre» cherche ailleurs ce que son cœur n'a pas» Qui ne sait se suffire et qui n'est point à même De boire au puits de joie enfoui dans lui-même ; Que celui-là jamais n'égare ici ses pas !
Mais toi, Tamant aimé des molles quiétudes Toi, rheureux confident des tristes solitudes Dont l'aspect en ton sein fait éclore des voix, Viens dans ce monde vide et sur ce nu rivage, Prends à l'isolement sa volupté sauvage, Prends ta part, pèlerin, de tout ce que j'y vois.
Et si la vaste mer, par sa vaste harmonie, Te transporte soudain dans la sphère infinie Des visions qu'aima jadis ton cœur lésé; Apprends que comme toi j'ai rempli ma pensée
De mes vieux souvenirs, jeunesse dépensée, Espoirs étiolés, premier amour brisé!
Vestiges aussi noirs que là ce filet sombre ;
Rompu comme la nef ouverte aux flots sans nombre.
TIODTSCHEF.
nraiÉou.
j$0n0e0 et Ш»%0П0.
— msiENs. —
Ainsi que ГОсеап étreint ГогЬе du monde, Les songes à grands flots cernent l'homme ici -bas. Vient la nuit, et soudain nous frappant de leur onde Ils nous provo^ient aux combats.
C'est leur voix! c'est leur voix ! elle commande et prie ; Le port berce déjà le navire enchanté , Nous y montons, il part; la marée en furie L'emporte dan« l'immensité.
Dans l'abimQ de» ^leux scintillent lee étoiles ,
Sur l'abîme des mers nagent leurs feux semés , Mystère ! et nous voguons sans boussole et sans voiles Entre deux gouffres enflammés.
La tempête et la mer balançaient mon esquif Qui voguait balloté de récif en récif r
Je dormds, me linant au jea de» folles ondes ; Et, pendant mon sommeil, sur les flott tourmentes Je servais de jouet à deux Immensités»
Et mon sommeil portait en lui-même <ieint mondes.
Les rocs retentissaient ainsi que des tympans Et les vents s'acclamaient de la voix des serpents , Et les ondes chantaient à Tentour de ma tête ; Dans le chaos des sons je volais assourdi »
Pourtant, sur ce chaos planant libre et hardi , Mon rêve promenait son ardeur Inquiète.
Prestigieux, muet, rayonnant et fiévreux Il flottait, respirait sur les sons ténébreux , Fendant légèrement les ténèbres sonores.
Et je vis tout-à-coup d'étranges régions Où les esprits du ciel erraient par légions Brillant et s'écKpsant comme des météores.
Puis je vie un sol bleu sous de yastes cieux rerts » De beaux lacs empourprés» des monts aux fUncs ouverts Par où les diamants ruisselaient en cascades , Dea jardins suspendus surmontés de jardins Formant des paradis de gradins en gradins Avec des palais d'or, des flèches, des arcades.
Et je vis fourmiller sur de larges chemins Silencieusement beaucoup d'êtres humains , Ayant d'étranges traits, des formes .inconnues. Je vis des animaux affireux, ensorcelés , Des aigles à dix fronts, des éléphants aîlés Dont le vol colossal se perdait dans les nues.
Sur la création je marchais comme Dieu ;
A mes pieds gravitaient les grands globes de feu ;
Ce monde me semblait une étincelle ardente. •• Et pourtant, au travers de mes illusions, Gomme un cri de sorcier troublant mes visions, J'entendais écumer la tempête grondante