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A LA MÉMOIRE OU PRINCE ÉLIM MESTSCHERSKY

— Novembre 18 il. —

Il n'est plus! funèbre mystère !

Il n'est plus ! quel est son forfait ?

Pour t'enfuir ainsi solitaire, О jeune ame, qu'avais- tu fait ?

Dis-nous pourquoi l'oiseau fidèle A quitté l'aire paternelle,

Et le foyer éteint ses feux?

Pourquoi la lyre s'est brisée ?

Pourquoi la branche s'est lassée De porter son fruit savoureux r

Sort cruel ! il lassait l'envie ;

Ses jours étaient purs et joyeux.

Une mère abritait sa vie,

Une épouse charmait ses yeux.

La couronne de la vieillesse,

La couronne de la jeunesse,

Pour lui venaient se réunir.

11 pouvait joindre, douces gloires !

Les cheveux blancs aux tresses noires

Et l'espérance au souvenir.

Illustre enfant d'une autre plage, La France l'avait adopté ; Et pour enrichir son langage, Le fils pieux l'avait chanté.

L'amitié même, rare exemple !

Avait accueilli dans son temple Un front par le rang consacré.

D'un abord noble et presque auguste, 11 était doux, aimant et juste ; Bien plus, il était inspiré.

Il avait l'âme do poêle :

Son front de l'art portait le sceau ;

H entendit la voix secrète

Chanter en loi dès le bercea u.

Sa Muse, enfant aux pieds d'albâtre,

Jusqu'aux prodiges do théâtre

Portait soo vol audacieux,

Et de sa voix toujours austère,

Elle allait consolant la terre ;

Sa voix loi rappelait les deux.

О mort ! dans les bras d'une mère, As-tu pu frapper son enfant, Changer sa joie en peine amère Et mouiller son œil triomphant ? Vois sur les charmes d'une épouse Les traces de ta main jalouse Et ta blessure dans son созиг !

Pourquoi frapper, faulx meurtrière !

Et dédaigner cette prière Que leurs sanglots formaient en chœur?

C'est que le ciel dit à la terre :

Ses hymnes sont trop beaux pour toi ;

De peur que la flamme s'altère,

Elle brûlera devant moi.

C'est qu'une étoile disparue Manquait peut-être dans la nue Ли nombre qu'il devait compter ; C'est qu'il voulait d'autres louanges ; C'est qu'il avait dans ses phalanges Besoin d'un ange pour chanter.

Aussi, versons toutes nos larmes, Et laissons se courber nos fronts ; Et trouvons même quelques charmes Dans les regrets que nous offrons.

Oh ! laissons l'épouse ûdèle, De la douleur touchant modèle, Chercher son Dieu pour l'implorer.

Laissons la mère désolée S'agenouiller au mausolée; Pleurons, mais sans désespérer.

Car la mort n'est pas cet abîme Toujours fermé, toujours béant, Où le bruit que fait la victime Est le murmure du néant,

C'est la demeure de passage, Où, s'arrêtant dans son voyage, Sur les bords des terrestres lieux, L'âme va dans les rêveries, Attendre les âmes chériesi Pour arriver ensemble aux deux,

Alfred de Martonne.

31 la princesse Catyrrine JlWetecljcrsku.

— flioveubre Ш4. —

Ce cygne harmonieux qui vint des froids royaumes, Et qui savait chanter dans tous les idiomes, Ce barde boréal, génie ému, hardi, Luttant de flamme avec les bardes du Midi, Nous a quittés, pour Tasse et Camoëns, ses frères, Dont il fit reverdir les palmes funéraires.

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