‹ Les Poètes russesChapitre 22 sur 33 · PÉTROF · texte numérisé non relu

PÉTROF

XVIII м 8IÈCLE.

Oh ! joie ! oh ! beau triomphe ! oh I gloire de nos jours ! Gloire dont les rayoris s'allument pour toujours! La voilà, la voilà l'escadre des Russice !

Les voilà ces vaisseaux qui sur les flots tremblants

Vont balançant leurs vastes flancs

Gonflés de foudres épaissies*

Les milices du Nord cherchent les Osmanlis.

Enûn le croissant turc se déroule à longs plis. Bonheur! c'est l'ennemi ! Aux sabords accoudées Elles trépignent d'aise en leurs élroits remparts.

Les nefs volent de toutes parts,

Soudain éclatent les bordées.

Les eaux semblent bercer un convoi de volcans ; On croirait voir flotter des villes et des camps ; Les voiles sont autant d'aîles éblouissantes , Les mâts sont des forêts. Se ruant aux combats

Les nefs au bruit du branle-bas

Brillent et tonnent frémissantes.

Là roulent le Janus , le Sviatoslaf le suit, Le vaisseau des trois saints dans leur tonnerre luit ; Jetant des tourbillons d'écume et de fumée, Le Rotislaf, l'Europe unissant leurs efforts ,

Déciment les Turcs dans leurs forts ,

Écrasent leur flottante armée.

Enveloppé de feu, déchirant Tonde et Гаіг , L'Eustaphius partout jette éclair sur éclair Fait voler en éclats toute nef qui l'approche , Vomit au loin la mort sans interruption ,

Et seul sur la destruction

Se dresse intact comme une roche.

Le fracas des agrès se mêle à tout moment Àu choc des mâts brisés, aux coups, aux sifflements Des boulets enchaînés, des ardentes grenades ; La fumée à flots noirs obscurcit en tout lieu

Les blanches voiles, le ciel bleu ;

Rien ne luit que les canonnades.

Resserrés par les nefs comme entre des îlots

Sur les haut-bancs troués rejaillissent les flots;

Horreur! heurtantleurs flancs, leurs carènes profondes,

Deux colosses ailés que la flamme cerna

Comme le Vésuve et l'Etna

Brûlent ensemble dans les ondes.

L'éruption ébranle et la terre et le* deux ;

Turcs et Grecs ont frémi ; calmes, insoucieux,

Sans jamais reculer du centre du carnage

Les Russes rendent tous feu pour feu, mort pour morl.

Comme un phénix l'aigle du Nord

Sur les flots de lave surnage.

Oh! lutte épouvantable! oh! surprenant tableau! Des nefs volent en Гаіг, la flamme couvre Гсаи , Les vaisseaux à trois ponts s'évaporent en poudre ; L'œil ne voit que des corps calcinés ou broyés ,

Et les vagues roulent noyés

Ceux qui réchappent à la foudre.

La victoire est à nous ! Devant nos bataillons Les Turcs ont amené leurs riches pavillons.

Mais la mort passe, hélas ! les vainqueurs par son crible, Eux aussi gémissants, répandent un^angnoir.

Si la lutte est terrible à voir

L'issue en sera plus terrible !

Quelle aurore a rougi l'Hellespont et la nuit? Ah î c'est le feu vengeur des Russes qui reluit ! Ce sont les lampions de la fête agrandie !

OSélim, lève-toi, contemple tes forbans,

Vois comme ces tas de turbans

S'engloutissent dans l'incendie!

La rade est un chaos de bitume et de fer.

Poix, souffre, flamme et plomb! maux, hurlements

[d'enfer,

La géhenne s'étend sur les eaux tourmentées ; L'embrasement sur l'onde élargit sa splendeur

Et trouble dans la profondeur

Les baleines épouvantées.

La mer gonfle, mugit et bout comme un chaudron; Pourpre comme le sang, étincelle son front ; Tout l'horizon n'est plus que flammes et fumée ; Navires, dunes, forts, brûlent comme un flambeau ;

Le port sauveur est un tombeau ;

La flotte turque est consumée.

Pierre, grand par le nom et grand par les exploits ! Descends de ta hauteur sur les flots que tu vois, Admire les enfants de ta barque féconde.

Vois comme le sultan brûle en ses propres eaux,

Comme sur nos jeunes vaisseaux

La gloire fait le tour du monde !

Naguère tu frappas les deux Belts de ton dard ; Tchesma ploie aujourd'hui sous ton lourd étendard.

La triste Hellé tressaille et rouvre ses prunelles , Les hordes de l'Asie ont frémi de stupeur,

Smyrne chancelle dans sa peur,

Aux cris d'effroi des Dardanelles.

Et toi, France, quel sort fatal est donc le tien ! Ton or paye en secret les flots du sang chrétien. Il fallut qu'à l'opprobre en ce jour tu courusses 1 Toi qui jadis armas les bateaux pavoisés

De tes ancêtres les croisés ,

Tu sers Mahmoud contre les Russes !

Mais le seigneur toujours combat pour les cœurs droits.

La vertu sur le trône est l'égide des rois.

Rien ne peut ébranler le dais de Catherine.

Notre amour, notre honneur en sont les sûrs piliers ;

Elle a nos bras pour boucliers

Et pour remparts notre poitrine.

Aigle, rouvre ton aile et regarde à l'entour. Ne vois-tu point encor quelque nef, quelque tour Où le pavillon turc au gré du vent tournoie?

Tchesma s'éteint; qu'ailleurs s'allume un autre port,

Lance ton sublime transport ,

Foudroie, écharpe, tue et noie.

Orlof, sois salué! tu ûs mieux que Jason !

Il ravit chez autrui la magique toison ,

Toi, tu viens châtier l'injustice traîtresse ;

Tu renversas celui qui renversa la loi, Tu sauves ta patrie à toi , Tu défends les fils de la Grèce.

Que la mer, et la terre, et le ciel jette l'œil Sur l'Europe vengée et sur l'Asie en deuil !

Catherine à l'aiglon vient d'élargir son aire. Paul étendant la main du Sund à l'Archipel

Prendra, docile à son appel,

Toute la boule sublunaire !

XVIIP SIÈCLE.

Le ciel tonne ! à genoux, fils de la fange immonde ! C'est lui, c'est Jéhova qui marche sur les cieux Semant avec sa main bienfaisante et féconde La foudre, grains de feu dont s'allarment nos yeux. О semeur tout-puissant! cette foudre est la vie ! La terre va germer où la flamme a détruit !

Je vois tes pieds d'éclairs ! et mon âme ravie Vient se prosterner sous ton bruit.

Qu'est-ce que l'homme,alors qu'il plane en haut des nues, Ou qu'il foule humblement le globe d'ici-bas? Là son esprit se heurte aux sphères inconnues, Ici l'homme chancelle et bronche à chaque pas 1 Partout l'obscurité, partout une mer sombre Où la vague menace, où se cache un rescif ; Toute embarcation court des périls sans nombre, Le grand vaisseau comme l'esquif!

Toi, tu souffles,— soudain les océans bondissent ; Tu parles— et les eaux reculent à ta voix ; Tu rêves — des soleils nouveaux-nés resplendissent ; Tu veux — tout l'univers va s'éteindre à la fois!

Quand tu te meus, l'espace engendre des espaces, L'immensité s'étend devant l'immensité , Et le temps écrasé dans les lieux où tu passes S'élargit à l'éternité!

fa Шііхѵѵят* bt Moscou.

Moscou, Tsarine de Russie, Moscou, sa fille et ses amours, Combien sous ta voûte éclaircie Tu resplendis en nos beaux jours!

Contemple du haut de tes dômes Ta famille de vieux royaumes

;— ii2

Et de jeunes principautés; Jouis en ton orgueil de mère.

Ta gloire n'a rien d'éphémère ; Et rien n'égale tes beautés.

Aux fleurons d'or de ta couronne Luisent les perles d'Orient, Les diamants sèment ton trône De leur éclat luxuriant ; Ton sceptre qui crée et féconde Porte les rubis de Golconde Et des saphirs aux d'eux pareils ; Tes clochers, aux têtes dorées, De cent coupoles décorées , Rayonnent comme des soleils.

Comme les flots qu'un lac aspire Du sud, du levant et du nord, Tous les trésors de ton empire Vers toi s'écoulent à plein bord.

Tes fils, allaités par la gloire, Sont aussi beaux que la victoire , Sont aussi grands que ton pays ; Les vierges, dans ton sein écloses, Croissent plus fraîches que les roses Et plus blondes que les maïs.

Pourtant je sais des jours où Ton te vit toi-même , Sous le joug des revers, courber ton front suprême, Où ton sol s'ébranla sous mille maux divers ,

Où le destin gonflé de haine Faillit dans sa fureur rayer ton nom de reine

De la face de l'univers.

À ta sécurité doucement endormie Le Sarmate sembla tendre une main amie, Mais cette main cachait le fer de l'assassin. Soudain elle embrasa palais et cathédrales , Et les torrents de sang étouffèrent les râles De tes fils tués sur ton sein.

Alors tu t'écriais, en ta douleur profonde , Sans qu'hélas! nulle voix à ta voix ne réponde On m'égorge ! je meurs ! trahison ! trahison !

Oh! sauve-moi, mon bon génie!!....

Bientôt ton œil brisé se ferma d'agonie,

Rien ne parut à l'horizon.

Où donc est le glaive des Slaves?

Sainte Russie, éveille-toi !

Moscou n'a plus que des esclaves , Un Sarmate y commande en roi.

Moscou que l'espoir abandonne , Plus sombre qu'une nuit d'automne , Pliant sous l'orage qui tonne , Déjà chancelle dans sa foi.

La Russie est debout! c'est elle!

Jeunes et vieux, peuple et boyars, Forts d'une alliance immortelle Suivent les mêmes étendards.

Tout se mêle dans leurs milices , Caftanns poudreux, riches pelisses , Sabres dorés et haches lisses , Faulx et canons, gourdins et dards.

On n'entend plus que bruits d'armures Roulant de la plaine au hallier; Mais dominant voix^et murmures Quel est ce noble cavalier ?

C'est ton espérance lointaine , Russie, oh ! victoire certaine !

C'est Pajarski ton capitaine , C'est Pajarski ton bouclier!

Sa tête grise est ton étoile.

Dans ces champs d'hommes indomptés Il se dresse comme la voile Que bercent les flots ameutés.

Sur son coursier le voit l'aurore , Le ciel des nuits Гу voit encore Dans son vol, ouragan sonore, 11 entraîne bourgs et cités.

Sous les murs de Moscou l'année inattendue Gomme un serpent d'airain au loin s'est étendue; Déjà sa tête touche aux herses des fossés, Tandis que par les champs traîne sa vaste queue , Ses anneaux déroulés, couvrant plus d'une lieue , Enlacent les canons aux remparts adossés.

Le Kreml s'émeut.— Aux armes!

Aux armes, Polonais !

Les soldats en alarmes Saisissent leurs harnais.

Tours, créneaux, meurtrières , Pont-levis et barrières Portent des combattants.

La foule se coudoie , En rangs par rangs ondoie Le long des murs tintants.

De nombreux bataillons , comme un torrent de lave ,

Ont jailli des remparts sur la milice slave.

Le champ semble une mer de fumée et de feu.

Tout s'embrase, tout luit. La bataille agrandie

Allume les forêts, et l'immense incendie

Jette une écharpe pourpre au large horizon bleu.

Effroyable mêlée !

Les boulets par essaims Frappant dans leur volée Chevaux et fantassins \

On lutte, on se terrasse , Cuirasse sur cuirasse , Pourpoint contre pourpoint , Pertuisanes et dagues Roulent comme des vagues ; Le sang ne tarit point.

О Pologne, Russie, étranges destinées !

Quand donc s'assouviront vos haines obstinées ? A qui le grand pays des flots blancs aux flots noirs? Le combat dure encore, et dans Moscou captive Aux échos du canon répond l'hymne plaintive Des moines à l'autel, des vierges aux manoirs.

Les bombes, la mitraille Poursuivent leurs sillons , Ainsi qu'une muraille Trouant les bataillons.

Dans cette énorme tombe Un chef sur l'autre tombe.

Près des rangs engloutis Mille chevaux renversent , Sous les coups qui les percent , Leurs poitrails applatis.

Les cris des combattants, les éclats de tonnerre , Les clameurs des mourants que Dieu seul rémunère , Semblent s'accroître encor. Déjà depuis trois jours , , Déjà depuis trois nuits, fulmine le carnage ;

Toujours dans plus de sang la mort se rue et nage, Russes et Polonais tombent, tombent toujours.

Pajarski, tel que l'aigle Tuant des lionceaux , Y multiplie et règle Les chocs et les assauts :

Acharné sur sa proie Il emporte ou foudroie

Enceintes et champs ras

Enfin, il brise, il foule, Comme un roc qui s'écroule, Le géant aux cent bras.

Oura! le vaste champ pousse un cri de victoire!

— Salut à Pajarski, le vainqueur plein de gloire ! Soudain la ville esclave a redressé le cou ;

, Libres, ses mille voix, s'ébranlant d'une haleine, Ont renvoyé leurs cris aux Ouras de la plaine.

— Salut à Pajarski, le sauveur de Moscou !

Que Dieu protège Ce beau cortège !

La joie au cœur, Sainte démence ! Un peuple immense Court au vainqueur; Et Гоеіі en flamme, Chacun proclame Son nom en chœur.

Chacun le montre.

A sa rencontre

Marche d'abord Le clergé, foule Qui se déroule En fleuve d'or, Portant l'enseigne Du Dieu qui saigne Et du Thabor.

Près des cantiques, Des croix mystiques, Des drapeaux saints, Brillent les princes, Chefs des provinces, De martres ceints ; Les broderies, Les pierreries, Couvrent leurs seins.

Après les gardes A hallebardes,

Et les clairons, Et les cohortes Des piques fortes En éperons.

Vont, respectables, Les vieux notables Aux bonnets ronds.

Sur des patères, Dans des cratères En or réel, Leur grave bande Porte en offrande Le pain, le sel, Et des couronnes Dignes des trônes, Dignes du ciel.

Chefs des maîtrises A barbes grises,

Marchands, bourgeois, Enfants et femmes, Boyards et dames, Ou villageois ; Quelle cohue Soit dans la rue, Soit sur les toits !

Chaque croisée Est pavoisée Sous ses barreaux ; Mille bannières Ondulent fières Près des vitraux.

Les fleurs ruissèlent Et s'amoncèlent Sur le héros.

Les cloches tonnent, Les voix bourdonnent

Dans la cité.

Hymne parfaite !

Sublime fête !

Félicité !

Oh ! comme vibre Un peuple libre, Ressuscité!

Ces couronnes, ces dons, ces honneurs, ces hommages,

Ces bénédictions des croix et des images,

Le prince Pajarski les reçut humblement.

Moscou pleurant ses Tsars, et les boyards leurs maîtres,

Au prince vieux de gloire, au guerrier vieux d'ancêtres,

Allaient du diadème offrir le sacrement.

Or, celui qui sortait des luttes réussies, Celui qui commandait à toutes les Russies, Qui ployait Sigismond sous son bras triomphant, Qui voyait rayonner dans sa main entr'ouverte La couronne des Tsars, conquise autant qu'offerte, Plia les deux genoux devant un faible enfant*

Qu'on donne à Michaïl et le sceptre et l'empire, Qu'on brise le cachot où son père soupire, Dit le héros, sa race est un saint souvenir.

Michaïl, c'est le sang de nos Tsars légitimes. Lui seul peut refermer le gouffre des victimes, J'ai sauvé le passé, lui sauve l'avenir!

Pajarski, gloire à toi, toi, grand entre les hommes ! A ton humilité nous devons notre orgueil.

Ton abnégation nous fit ce que nous sommes.

Notre âge en lingots d'or te sculpta sur son seuil.

Si du nord au midi, du couchant à l'aurore, Phare de l'univers, luit le bandeau des Tsars, Si de ses longs reflets le monde se colore, Si l'aigle de Russie est l'aigle des Césars ;

Si comme un beau navire on voit notre patrie, Gonflant sa voile au vent de la prospérité, Mirer ses bataillons, ses arts, son industrie, Dans le clair océan de l'immortalité;

Si les peuples, pareils à l'aiguille aimantée, Tournent leurs dards d'acier au Nord mystérieux, Et redoutent, vieillards dont l'âme est tourmentée, Cette Russie, enfant au regard sérieux ;

Si, planant au-dessus des révoltes immondes, S'élève de nos jours ce pays colossal, Comme un arc-de-triomphe appuyé sur deux mondes, Où l'Asie en passant courbe son dos vassal.

Si la souche des Tsars en Michaïl greffée

Est l'arbre impérial, notre admiration,

C'est que tu ne voulus qu'un cœur pur pour trophée,

Et repoussas le dais de l'usurpation.

Pajarski, sois béni, tu grandis d'âge en âge!

Sur tout héros flétri d'un sceptre usurpateur,

Sur tous les conquérants qu'enfante le carnage,

Ton front se dressera de toute sa hauteur.

Ah ! que n'ai-je su d'avance Que l'amour tourmente et nuit!

J'aurais craint la connivence De Tétoile de minuit.

J'aurais craint de fondre nu moule Amoureuse, un anneau d'or,

Attendant, loin de la foule, Celui que j'attends encor.

Oh! plus prudente et moins folle, J'aurais su fondre et mouler Deux ailes en cire molle, Deux ailes pour m'enrôle r.

Frappant comme une hirondelle Aux carreaux de mon amant, Je l'aurais, cet infidèle, Contemplé bien tendrement.

Et puis je serais allée M'asseoir, le front dans la main, Sanglottante, désolée, Sur la borne du chemin.

Et j'aurais dit à qui passe :

« Un menteur vint me charmer; » Dites, que faut-il qu'on fasse • Afin de ne plus aimer? •

KAPNIST.

XVIII м 8IÈ0LE.

Beau serin, à Гаііе jonquille , Ne quitte pas ton horizon, Ne monte pas où l'éclair brille Et fais ton nid dans le gazon!

Vois-tu Tépervier sous la nue, L'épervier, grand tueur d'oiseaux?

Il lui faut ta chair bien connue, Son vol qui guette ta venue T'enlace comme en des réseaux !

Sur la montagne croît un orme, Mais midi lui brûle le front ; L'ouragan de son souffle énorme Lui tord les branches et le tronc.

Mieux vaut être dans la vallée, Le saule que nul vent n'atteint, Qui s'endort sur l'eau nivelée, Puis aux chants d'une troupe ailée Se réveille chaque matin.

Or, moi, je n'irai pas me plaindre De n'être point un grand seigneur ; Que d'autres grimpent sans la craindre A la cime où pend le bonheur.

J'aime mon sort qui me convie A suivre un chemin abrité.

Loin des grandeurs, loin de Гепѵіе, Je chanterai toute ma vie Le bonheur de la pauvreté l

NÉLÉDINNSKI-MELETZKI.

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