CHANSON МГШІ
Là, dans la campagne prochaine, Sur le sol dur, inabrité, S'élève et fleurit un grand chêne Beau de sa puissante beauté.
Un chêne, à la cîme éternelle, Qui seul attire tous les yeux, Comme un conscrit en sentinelle, Seul, seul, égaré sous les cieux.
Qui peut-il prendre sous son ombre Quand le soleil brûlant a lui?
Quand le frappe Forage sombre Qui voudra mourir avec lui?
Ni sapin vert que le vent frise, Ni saule aux rameaux repliés, Ni frais buissons où court la brise Ne se blotissent à ses pieds.
ЛЬ! qu'il est dur d'être un jeune homme Sans une amie auprès de soi !
J'ai beaucoup d'or que l'on renomme Mais à qui l'ofirirai-je, moi»
Quand je vois tant d'hommes sans âmes, Je les salue, et puis voilà î Quand je vois tant de belles femmes Je salue et j'en reste là !
C'est moi qui m'en vais d'auprès d'elles, C'est eux qui m'ont fui sans retour.
Tous sont amis, tous sont fidèles Jusqu'à l'heure du mauvais jour.
Sur qui bercer mon cœur timide Quand la tempête éclatera ?
Ma belle est dans la terre humide !
Rien ne la ressuscitera !
Je n'ai ni parents ni patrie Dans ce pays si loin du mien !
Je ne puis plus à ma chérie Tendre mes deux bras pour soutien.
Le vieillard voyant nos caresses Ne pleurera plus doucement ; De gais enfants à nos tendresses Ne joindront plus leur enjoûment.
Prenez ma richesse fatale !
Prenez tous mes bien trop famés !
Rendez-moi ma terre natale, Mon amie et ses yeux aimés l
XIX af SIÈCLE.
£c v*&e antique
Qu'est-ce que votre vie, ô fragiles humains?
Quelques moments bien courts où tout en vous s'altère ! Ce vase, il a vu naître et mourir les Romains, Il servit aux Césars.... et ce vase est de terre!
XIX м SIÈCLE.
ХІХ яв SIÈCLE.
igiuzea Dy
Salut, enfant divine, ô vierge Fantaisie, Harmonieux esprit, ange de poésie, Fille du ciel et sœur du poète, salut!
A moi ta coupe d'or où je bois le vertige, A moi ton souffle pur qui sur mon front voltige , A toi mon cœur, à toi mon luth !
Je te nomme la bien-venue.
Soit qu'une trombe en tournoyant T'apporte sur la sombre nue, Comme un archange flamboyant , Soit que flottant, sereine et rose, Dans une aurore qui t'arrose Yers moi tu descendes des cieux, Ou que sur le tapis de mousse Au bois, où tout rayon s'émousse, Tu viennes éblouir mes yeux.
О Fée, en quelques lieux où ton aile se pose,
Tout resplendit soudain, tout se métamorphose,
Tout revêt les lueurs de ton prisme enchanté.
Le sable du désert berce des Hespérides,
La Finlande fleurit ses cavernes arides,
Les palmes prennent pied sur le pôle argenté.
Tu m'entraînes sur le Caucase,
Dans l'Etna, gouffre incandescent,
Au Zarah que nul bruit ne rase,
Ou sous l'océan mugissant.
Ta grande aile, comme une voile,
Me porte d'étoile en étoile,
De l'éternel à l'infini,
Et planant d'espace en espace,
Je vois tout l'univers qui passe,
Immense, sous ton vol béni.
Les éléments soumis t'acclament souveraine Dans les cieux, dans l'enfer, entrant comme une reine, Tu chemines guidant la joie à tes côtés.
Puissante Fantaisie, essence multiforme, Tesbaisers embaumés, soit qu'on veille ou qu'on dorme, Exhalent des félicités.
Tu lèves, en sybille heureuse, L'épais rideau de l'avenir.
Voici la file vaporeuse
Des siècles qui doivent venir.
Sur le rocher expiatoire,
Le vieux Prométhée, ô victoire !
Libre, a terrassé le vautour;
L'humanité régénérée
Palpite sur le sein d'Astrée...
Ère de paix ! règne d'amour !
Franchis, maître du monde, homme, ton atmosphère. La science à ton œil découvre toute sphère.
Chaque chose te montre et sa cause et sa fin. L'univers a subi ton poids et ta mesure.
Colosse intelligent, haut esprit, raison sûre, Toa front majestueux heurte le séraphin.
Crimes et vices délétères Qui ravageaient les nations,
Sanglantes comme des panthères Les sanguinaires passions Ont disparu, cortège immonde, Frères, tous les peuples du monde Sont comme une âme en un seul corps; Esprit et chair ont fait leur trêve.
Ah! si mes yeux n'ont vu qu'un rêve, Ma Fée, allons à d'autres bords I
Ma Fée, effleure-moi de ton roseau magique, Endors-moi du sommeil de l'oubli léthargique, Et ne m'éveille plue qu'au-delà de nos cieux ; Aux ilôts du paradis je veux tremper mon âme. Arrière ! haine, orgueil, ruse, luxure infâme, Démons hideux ou gracieux]
Arrière ! loin de6 sombres nues Où vous seq>ettte& sur шее рае,
Voici les ondes continues Dont vous ne vous abreuvez pas ; Voici la mer des purs délices Où coule en d'éternels calices L'éternelle perfection.
Mon âme, dépouillant ses langes, Se mêle aux splendides phalanges Qui gardent la création.
О suaves accords! sublimes harmonies !
Éternelles beautés au bien suprême unies !
Épanouissements de tout germe idéal !
Fleurs, soleils, vérités, parfums, chaleur, lumière, Vousremplissez mon cœur, mon souffle et ma paupière ! Ravissement sans nom, spectacle sans égal!
Je vous hume par chaque pore, Je voudrais m 'exhaler en vous !...
Mais la vision s'évapore,
Les saints fantômes ont fui tous,
Les accords quittent mon oreille,
L'extase ardente et sans pareille
Quitte mon œil qui se ternit.
Ma voix n'a pour écho dans l'ombre
Que le vent fouillant le bois sombre,
Le torrent frappant le granit.
Us sont courts les moments, belle capricieuse, Où tu fais scintiller l'écharpe précieuse Qui reluit des couleurs de l'exaltation ; Longs sont les jours brumeux de nos peines amères, N'importe ; sur chacun de tes pas éphémères Naît une consolation.
Ah! puisque la vie est un songe, Heureux qui sut, comme un glaneur,
Cueillir plus d'un joyeux mensonge Croyant moissonner le bonheur.
Heureux qui eut rêver sa vie, Qui put toujours, l'àme ravie, Insoucieux, se raffermir Sur l'arçon d'or d'une chimère, Et comme un enfant sur sa mère Jouer, jouer et s'endormir.
Or, viens me visiter, ô Fantaisie aimée, Tresse tes fictions en voûte parfumée, Que leur berceau m'abrite au chemin de la mort. Tu revêts la vertu de la blanche clamyde Dont la grâce suprême orne son sein timide, Et tu la fais chérir d'un amour sans remords.
— CBASMH SBRBIL — ■
La jeune fille ainsi gourmandait le soleil :
— Mon visage est plus beau que le tien, roi vermeil ,
Je suis plus belle aussi que ta femme la lune.
Plus belle que ta sœur l'étoile de la brune
Qui sur le ciel serein conduit avec lenteur
Les troupeaux étoilés comme fait un pasteur.
Le soleil, murmurant dans son âme interdite, Dit au ciel : — Que ferai-je à. la fille maudite ? Les habitants du ciel lui parlèrent ainsi :
— Soleil éblouissant, fais trêve à ton souci! Nous saurons te venger de la maudite fille. Toi, roussis-lui le teint, brûle sa peau gentille, Et nous, pour la punir de ses airs triomphants, Nous allons l'affubler d'un veuf avec enfants, De beaux-frères, de sœurs, d'humeur acariâtre, Qui lui feront courber sa tête opiniâtre.