‹ Les Poètes russesChapitre 25 sur 33 · DENIS DAVIDOFF · texte numérisé non relu

DENIS DAVIDOFF

XIX ю SIÈCLE.

Grvît ban* ГЭДЬшп b'um Jkmmt.

Mon luth me suit partout, partout je le déballe, ' Je le laisse traîner sous les pieds des chevaux ; Je le mets sous mon bras, sous mon front, dans ma malle, Nous cheminons ensemble et par monts et par vaux. La poussière, la pluie, ont fait tort à ses cordes ; Or, comment toucherais-je à ses notes discordes

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Pour chanter vos amours, vos yeux, votre doux nom, La lune et les bosquets où dort la fraîche rose? Ma voix ne s'unit plus qu'au plain-chant du canon , Mais dans ce concert-là j'excelle en virtuose.

— A BOLRTSOF. —

Bourtsof, casseur de bouteilles, Noble confrère en bon vin !

Au nom du rhum et des treilles, Viens voir mon palais divin !

Point de pauvres à ma porte, Point de tableaux, de miroirs,

Point de bronzes, mais qu'importe Gaîment je m'endors les soirs !

Je suis houzard ! et diffère De nos pachas du Levant En ce que je sais me faire D'un sac d'avoine, un divan.

J'ai pour mirer ma moustache L'acier d'un sabre loyal, Pour tableaux, ma sabretache Faite au chiffre impérial.

Mes superbes cassolettes Sont des pipes de tabac Quï parfument nos fillettes Sur la paille du bivouac.

Au lieu de riens aux cent formes, De vases en marbre blanc, Chez moi se dressent, énormes , Cinq bols pleins d'un punch brûlant!

Oui, tout pleins, je te le jure, Chauds toujours à tout hasard ; Accours donc, je t'en conjure, Qu'on admire le houzard!

4я Jkmnu pacte.

Elle est tout : sagesse et folie, Larmes et rire, glace et feu, Emportement, mélancolie, Cœur répulsif, âme accomplie, Elle est tout! elle est diable et dieu!

Elle est belle comme un orage,

Ardente comme un jour d'été, Superbe comme le courage, Sublime comme un cri de rage Que pousse un poète exalté.

L'avoir pour amie est ivresse ; C'est boire à des coupes de miel, C'est aimer une enchanteresse ; Mais la convoiter pour maîtresse.

Oh I vous en préserve le ciel 1

Vous iriez rouler dans l'abîme De la gloire où son nom a lui, Et vous verriez votre victime, Jouant la femme légitime, Jalouse à vous tuer d'ennui.

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Vous êtes belle à voir! vos boucles ondulées, Brunes sur ce front blanc ont un charme inconnu Rien ne vaut ce regard aux lueurs mi-voilées, Rien ne vaut, rien ne vaut ce buste demi-nu.

L'enchanteur Canova vous prit-il pour modèle? Ses nymphes sont vraiment votre image fidèle.

Vous êtes ravissante à voir ! et cependant Vous n'avez pas conquis mon cœur indépendant. Vos élégants soupirs, votre langueur, madame, Sont de l'amour appris, sont un masque d'amour, Voilà tout. Je veux mieux ; je rêve nuit et jour Un œil inspirateur, un mot jailli de l'àme, Quelque chose de vrai, d'imprévu, d'exalté!... Mais votre vie à vous (pardon, je suis sceptique) Est l'aiguille au cadran marchant d'un pas compté , Votre amour un calcul précis d'arithmétique; Oh ! celle que je veux, que j'aurai pour vainqueur, Et que je ne sais où doit rencontrer mon cœur, Est tout feu, tout élan comme un jet de fanfare, Ou bien comme utffc strophe ardente de Pindare !

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