E. GLINKA
XIX" 8IÊCLE.
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Retirez los verroux,
Ouvrez donc, ouvrez-nous !
À votre seuil notre bande fourmille.
Locataires joyeux, Nous venons en ces lieux
Auprès de vous habiter en famille.
On ne peut nous toucher ;
L'homme a beau nous chercher, Nous échappons à tout œil qui nous guette,
Et nous n'avons besoin
Que d'un tout petit coin Où nous puissions nous blottir en cachette.
Nous vivons sans grand bruit,
Nous prendrons le réduit Où l'araignée étend sa fine toile ;
Nous irons nous loger,
Sans trop vous déranger, Près du plafond, derrière votre poêle.
Nous sommes peu gourmets De votre eau, de vos mets ;
Gens comme nous n'en font aucun usage,
Notre essaim jovial
Se retient de tout mal, Notre arrivée est d'un heureux présage.
Car, malins par moment.
Nous aimons seulement A folâtrer, à lutiner, pour rire.
Nous singeons par nos cris
Les chats et les souris, Ou nous faisons danser la poêle à frire.
Peut-être encor le soir,
Quand le ciel est tout noir, Quelque vieillard à longue barbe blanche,
Grimaçant aux carreaux,
Heurtera vos vitraux...
Mais nous faisons tant de bien en revanche!
Voue pourrez tout braver*
Nous saurons tous sauver De l'eau, du feu, sans que nul en pâtisse,
Et des hommes de loi,
Dont la mauvaise foi Vous traînerait, innocents, en justice.
Partageait les travaux
Et soignant les chevaux, Nous porterons l'abondance à vos terres :
Ouvrez donc, ouvrez-nous,
Retirez les verroux!...
Ainsi disaient les joyeux locataires.
Vassilissa pâlit, Elle quitte son lit, Se signe, et va pour entr'ouvrir la porte.
Mais personne n'est là!
L'écho fait: Ah! ah! ah!
Et ce fou rire, au loin le vent l'emporte.