‹ Les poètes satyriques des XVIe et XVIIe sièclesChapitre 11 sur 30 · CLAUDE D'ESTERNOD · texte numérisé non relu

CLAUDE D'ESTERNOD

Le plus saiyriqite des^ poêles desoîi iemps.Son tmagi-^ nation est singulièrement pervei'tie ; sa faconde, fort libre, empreinte des images aux termes les plus burlesques, les plus cyniques. C'est toutefois un passionné et encore un lyrique. Sa vie est obscure : on ne la retrouve que fragmentairement à travers les contradictions des critiques de son œuvre. Qu'importe son vrai nom^ puisque l'originalité puissante de son verbe subsiste. L'abbé Gougei, 'Brosselte, Nodier, le crurent de nom François de Fourquevaux, tandis que Weiss, (( biographe universel )>, d'autres plus attentifs que renseignés, justifiant du titre de son livre (i), le firent d'Esternod, seigneur de Franchéres, gouver-» neur dVrnans. Il put naître à Salins en i$go et mourir veis i6yo. On croit qu'il fit un voyage à Paris et se lia avec Berthelot, Sigognes, Motin, etc., — peutêtre, Régnier. Quoi qu'il en soit, il fait partie de cette nouvelle pléiade qui railla les contemporains, sans épargner Malherbe. Son œuvre fut maintes fois réimprimée, mais elle supporta, de par la fantaisie ou l'intérêt des éditeurs, quelques variantes qui obligent à n'en point dédaigner les moindres versions. On compte jusqu'à ce jour, huit éditions de /'Espadon satyrique. C'est un ouvrage rare et recherché, qu'on goûterait mieux si son auteur n'apparaissait — injustement, — comme une espèce d'anonyme, disciple de Mathurin Régnier.

(t) L'Espadon Satyriqut par le sieur d'Esternod.

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