‹ Les poètes satyriques des XVIe et XVIIe sièclesChapitre 17 sur 30 · JEAN AUVRAY JI · texte numérisé non relu

JEAN AUVRAY JI

Nous produisoQS cncor ce miracle eo nature Qu'un sein de glace brusle au feu de nos doublons, Si l'herbe Ethiopis fait tomber la serrure, Nostre discours fait cheoir la nymphe aux cours talons.

Aux doux accords d'un luth nostre voix mariée Porte Tàme à l'oreille ouïr un paradis, Et dansant, nostre grâce au geste appariée Donneroit de l'amour aux plus chastes Judits .

Pour rendre de tout point une dame contente Sans le Satiricon, la Pistache et les œufs, Le mol begayement d'une langue qui tente.

Invincibles nous rend au duel amoureux!

Qu'on ne nous blâme point du vice de paresse, Ce morfondu péché répugne à nos désirs, Car il n'est tordion, cullotis, ny souplesse Qu'Amour ne nous instruise au fort de nos plaisirs.

L'Aretin fut un sot de limiter un nombre Des postures qu'on tient au maneige d'amour.

Si de l'enfer pouvait ressusciter son ombre.

Bien d'autres il verroit pratiquer à la cour.

Mais laissant Jupiter et son beau Ganimede

D'un stupre abominable oilencer le soleil,

Pour donner à nos maux un licite remède

Nous humons à longs traicts le nectar d'un bel œil.

Enragez donc Vulcans, tenez maussades âmes Ces amoureux tendrons jour et nuict enserrez. Vos rigoureux glaçons augmenteront leurs flames Et plus seiez jaloux plus cocus vous serez.

{Le Banquet Jes thCuses, T(ouen^ David Fer r and ^ '^23.)

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