‹ Les poètes satyriques des XVIe et XVIIe sièclesChapitre 19 sur 30 · POUR UNE JEUNE DAME · texte numérisé non relu

POUR UNE JEUNE DAME

Je n'eusse pas pensé que vous eussiez foutue Et vendu vostre honneur au prix de la richesse ; Mais puisqu'il est ainsi, il faut que je confesse Que le vice vaut bien autant que la vertu.

Vous avez tort bieo fait ; Thonoeur tant débattu Sous ombre d'ua bon bruit a peu de gentillesse : 11 faut fuirre l'hooneur comme chose perverse Quand on lient sous le pied le plaisir abattu.

J'approuve vostre fait quoy qu'on en veuille dire : Il n'est tandis qu'on vit plus grand plaisir que rire,. Enyvrez des douceurs de si plaisant esbat.

Mais prendre de l'argent et vendre une foutée Ainsi qu'une putain au bordel eshontée Pour fille de maison je ne l'approuve pas.

{Délices Satyriques, Paris, SommavdU^ l620.\

EPIGRAMMES

Polidor amoureux d'une beauté sauvage, Prit son V. . . en sa main rouge comme un tison^ Et puis il dit : Hélas 1 que je meurs en servage. Ayant dedans ma main la clef de ma prison.

* * Un jeune amant plein d'amoureuse flâme Cherchant le bien du plaisir amoureux, Le doux milieu demandoit à sa dame, Pour y trouver son repos bien heureux :

Elle lui dit : Si estant desloyalle De mon milieu j'estois si liberalle, A un amy je le voudrois bailler Non pour repos, mais pour y travailler.

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