‹ Les poètes satyriques des XVIe et XVIIe sièclesChapitre 4 sur 30 · DIALOGUE DE L'ASIE DE VILLEB ROCHE · texte numérisé non relu

DIALOGUE DE L'ASIE DE VILLEB ROCHE

parlant a deux courtisanes, une des marbts du Temple et l'autre de l'isle du Palais,

par le sieur Régnier.

Au plus creux des ronces fortes (i) Ou de mes dépouilles mortes, Est le séjour inconneu, O passions des macquerelles, Vieux oriflans de pucelles, Vostre discord est venu.

Je suis le rouge Villebroche, Au nez plat, à la dent croche.

Court et rond comme un baril, Qui de la basse pratique Fait un trafiQc (authentique] Prince des poissons d'Avril.

Mes chères sœurs et compagnes Qui comme carpes brehaignes Frayez et (n'enfantez) (a) pas, Ou du moins si vous le faittes Tenez vos couches secrettes Je veux finir vos débats.

(i) Variante: Au plus creux des roches fortes. (2) Le teite porte : et vous faites pas.

A LJV CûUKTlSANE DES MARETS DU TeMPLE.

Qui peut sur toute la terre A vous, plus claire que verre, Grand* lézarde porte-fard, Guilledine destraquée, Vieille pucelle estriquée, Se comparer à vostre art ?

Quelle grâce de nature Quand vostre teste entorture Plus rase que cocque d'oeufs Veut ou compter ou escrire Ce quUl faut ou faire ou dire Pour le commerce joyeux.

Qui peut les vertus comprendre De la délicate cendre Qui de vos perruques sort, Quand vos doigts en carbonado Frippent sur vostre pelade Les raclures d'un cuir mort.

Quiconque en use en breuvage Perd soudain son pucelage Tous tant soient-ils bouchez.

Par l'effort de cette poudre, Sont comme au coup de la foudre Ou des canons débouchez.

MATHURï:^ REGNIER l|

A CILLE DK L'tSLE DU P A LAIS,

Mais dites moy, grande fille A peau plus rude qu'estrille Museau de pomme de pin, Teint d'orange et d'écarlate, Cuisse maigre, molle et platte, Idolle de saint Crespin.

Qui peut à vos artifices Avec souplesse, malices, Arts, pratique et desseins, Conseils, discours, espérances, Attraits, attaque, defTences Trouver remèdes certains.

C'est chose toute certaine, Au lieu de bois de baleine Que vostre vertugadin Est bardé de pucelages, Dont en toute sorte d'âges.

Vous allez faisant butin.

O Dame chaste et pudique.

Qui par un art empyrique Tirez comme à l'alambic D'une douce violence.

Des dames la quinte essence Que vous servez au public.

A LA COURTISANE DBS ^AUBST DU TEMPtB

Et vous, manche de guiXctùQ, Souple comme un cal qu'on beroe, Goaine à mettre [des](!) couiteaux Embonpoint de solle fritte Visage de trufle (sic) cuitte BuandiCre aux vieux drapeaux.

L'image de la mort blesme Ne ressemble qu*à vous mesme, Sorcière allant au sabbat.

Médaille d'une Sibille, Poire, pomme, femme, fille, Rave, voire vieux cabat

De vostre panse distille Une liqueur comme l'huille.

Gluante ainsi que la poix, Rangeant quiconque la touche Fut-il mort comme une souche, Sous les amoureuses loix.

CELLE DE L'iSLE DU PALLAIS

A VOUS tuyau d'écritoire, Espoucette toute noire, Aparement de bordeau, Et les clefs et les serrures :

Mais vos petites dorures Ne vallent pas un fuseau :

(x) Cf. Tricotcl.

^ISOIOBR

Sur srm iir: cinis se zeïïsîie

Ad e^:::'S£:£ £^ iiEJii pm :

Jlaifi TDïH avci pDnr parade

Larobbc dcdemj Ds:sdc

Eo chambre îe ciaiiîezx: ^ris.

Dame d'honneur sans exemple^ Vous avez autel et temple Que de crotte on bastira:

Et là tout ce qui se ravaude A vous, saincte Brunehaulde De bougie s'offrira.

A vous la Samaritaine, Qui d'un brin de margeolaine Les fesses vous couronnez, S'offriront à charette Des lettres en paquette Et des ballets suranez.

Sus donc, gentilles gueoippes.

Prenez vos plus belles nippes.

Sans vosattifets laisser, Coiffez vous de poire molle Vous aurez mine d'îdoîîe, Et vous feray enchâsser.

Page 1