LE VIEUX PAYSAN DOUX
Le vieux paysan doux et campé tout d'un bloc. Surveillant ses grands bœufs au bout de la tournière. Leur caresse le front. La charrue dont le soc Reluit, demi-plongé encore dans la terre,
Attend. Il labourait au premier chant du coq
Et laisse ruminer tranquille l'attelage
C'est un sentimental et même par raccroc
Un sage. — Tous les siens sont morts ; rien au village
Qui l'aime. ]\Iais Pommé et Grhelot sont là, Le comprenant, sachant ce qu'il veut et voilà Pourquoi, s'il parle d'eux, sa figure brunie
S'éclaire d'un sourire tendre et que, soigneux,
Il flatte de la main leur pelage soyeux
Et dit, sans honte aucune : « Ils sont ma compagnie. »
{Les Pastorales.
CHARLES DORNIER