‹ Les Poètes sociauxChapitre 6 sur 72 · PREFACE XV · texte numérisé non relu

PREFACE XV

Or, Manuel, même en restant un poète de second ordre, est le 'premier homme qui sent et déclare francliement Viitilité, la beauté, la nécessité de la poésie sociale et croit en son avenir. Il écrivait en effet dans la préface en question: « Il est permis d'affirmer que la Poésie comme le Théâtre a une tâche à remplir, qu'elle doit de plus en plus, dans ses peintures, être de son Temps, s'associer à cette recherche ardente des problèmes de la vie moderne et ne pas craindre de se hasarder plus avant et plus bas dans V expression des idées, des passions et des souffrances qui agitent la société démocratique. Oui, la pauvreté, l'ignorance, le travail j)énible, la vie dégradante, l'héroïsme obscur, toutes les inégalités, toutes les détresses et toutes les résignations, voilà le thème de cette poésie nouvelle où, 7ie manqueront aux mains des plus habiles, ni les vives images, ni les émotions poignantes, ni les puissants contrastes d'ombre et de lumière, ni les sévères enseignements. »

Certes, Eugène Manuel (1)^ plus universitaire que poète, emploie une langue plus claire qu'originale, plus harmonieuse que puissante, mais accessible à la foule, précise et correcte. Le poème suivant caractérise assez bien sa manière :

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