MISCELLANÉES
neuses de leurs systèmes variés et contradictoires.
Plaise à Dieu qu'après les économistes viennent les économes !
Et, ici, il faut encore s'entendre sur le sens du mot : l'économie n'est pas l'art de ne pas dépenser l'argent, mais l'art de le bien dépenser. Économie, c'est le gouvernement de la maison.
Vers ce but non plus nous ne sommes pas en route, et nous semblons plutôt y tourner le dos.
Les économistes se sont livrés des combats sur deux systèmes pour l'accroissement des ressources, l'impôt et l'emprunt; c'est aujourd'hui l'emprunt qui est en faveur; c'est logiquement le plus mauvais; car, pour payer les intérêts de l'emprunt, il faut créer ou augmenter des impôts, et, en préférant l'emprunt, on a les deux, et l'emprunt et l'impôt; mais l'emprunt offre une proie à l'agiotage, et, quand M. Freycinet, en défendant ses projets, parle de donner de la besogne aux ouvriers, soyez certains qu'il compte, pour les faire accepter , surtout sur Tappât offert aux agioteurs.
Il n'est pas vrai que les frais et la rançon de la guerre de 1870 soient payés ; on n'a fait que changer de créancier, et, en augmentant la dette, cet emprunt, qui a amené et de nouveaux impôts et l'aggravation des anciens, rend la vie plus difficile pour tous et impossible pour beaucoup; le but de vrais politiques devrait être, par une sage économie, de diminuer la dette et de nous dégrever d'impôts; c'est le contraire qu'on semble vouloir faire.
Si la république est le gouvernement des meilleurs, choisis par tous, dans l'intérêt de tous, il est évident que la situation actuelle où nous voyons un parti, une coterie vouloir tout prendre et tout garder, n'est pas la république.
On nous dit : « Nous sommes depuis assez et trop longtemps les jouets des vagues et des vents ; voici une terre, la république, accostons la terre, et débarquons. »
Mais, en comparant ce qu'on dit et ce qu'on fait, il me revient à l'esprit cette histoire de naufragés qui prirent pour une île une baleine qui flottait endormie, débarquèrent sur la baleine et s'y installèrent, puis la baleine se réveilla et plongea.
Parlons d'autre chose.
Il y a quelques jours, je rencontrai, chez un jardinier de mes amis, un homme qui achetait des plantes. Nous échangeâmes quelques paroles, et ma vanité fut assez flattée en voyant que ma renommée de jardinier était parvenue jusqu'à lui et qu'à ce titre il me témoignait une certaine déférence.
— Je serais bien honoré, me dit-il, sî vous vouliez, quelque matin, visiter mon jardin; peut-être y verriez- vous quelques plantes dignes de votre attention.
En général, je ne suis pas curieux et ne me dé" range guère pour voir les hommes; j'en excepte, bien entendu, mes amis.